[Jeu] Recettear – Vis ma vie de PNJ

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Il y a un bon moment de ça, la mention de ce jeu sur Meido Rando avait attiré mon attention : Graphismes classiques et mignons, concept original, et surtout jeu facilement obtenable sur steam. Je l’ai mis de coté, attendant qu’il passe en promo, et une fois le jeu obtenu, je l’ai oublié dans un coin en comptant le faire « un de ces quatre ». L’occasion s’étant présentée lors d’un séjour loin du domicile avec mon pc sous le bras, j’ai eu la surprise de découvrir un jeu vraiment sympathique et addictif, mieux que ce à quoi je m’attendais.

« Et si au lieu de suivre l’histoire d’un mec qui sauve le monde dans un univers de fantasy, on suivait la vie d’un des PNJ de la boutique la, tu sais, ceux qui t’arnaquent quand tu leur revend des trucs ? Eux aussi ont une vie derrière le comptoir ! »
« Oh wé, je vois trop le jeu, on pourrait partir dans un délire un peu parodique des poncifs du RPG tout en induisant un jeu de marchandage ! »


Voila ce qu’on peut-être du se dire les concepteurs du jeu lors de sa création. L’histoire est assez simple : Le père de l’héroïne, Recette, à disparu de la circulation, laissant à sa fille la charge de régler ses dettes. Une fée venue réclamer le paiement, Tear, se montre plus que gentille face au découvert de recette, et va l’aider à tenir la boutique de son père pour être capable de rembourser ses dettes. Le jeu va alors se scinder en deux faces : Les phases de vente / achats, et les phases de RPG purs où l’on part taper du mob pour obtenir des items gratuits sur lesquels le bénéfice sera évidemment plus important que sur ceux que l’on aura acheté aux fournisseur.

Le jeu consiste donc à vendre en cherchant à faire du bénéfice, mais aussi au bout d’un moment à acheter, certains clients venant proposer de vendre des choses leur appartenant pour mettre un peu de beurre dans les épinards. C’est l’occasion alors d’obtenir des objets à très bas prix, puisque l’on peut exiger entre 50 et 70% du prix « réel » de ces objets, alors que lors des ventes, on ne peut aller que jusqu’à 30% en plus en moyenne. Même si notre héroïne n’est pas une guerrière, elle a droit à son level up, qui se compte en « merchant level ». Chaque nouveau niveau lui donne de nouvelles compétences dans son domaine, et pour monter vite de niveau, il faut proposer le prix parfait à chaque acheteur pour réaliser des combos et monter comme une flèche. Pas toujours évident à faire, mais dispensable quelque part. Oui il m’a fallu 6 heures de jeux pour le réaliser, et alors ?

Le gameplay s’étoffe au fur et à mesure que l’on monte de niveau permettant de s’habituer et d’induire les subtilités les unes après les autres. Au bout d’un moment, on doit prendre en compte les fluctuations des prix des objets, et par exemple profiter de la baisse du prix du métal pour acheter des épées, ou au contraire profiter de la rareté d’un item pour le vendre plus cher. Un item rare peut se vendre 2 fois son prix d’origine ! On peut ensuite faire du plus futile comme changer la décoration de sa boutique pour changer son ambiance, ou du plus corsé comme créer des items en en fusionnant plusieurs pour obtenir des items inédits que l’on ne peut se procurer autrement (Personnellement le genre de truc que j’adore et déteste à la fois, je vends souvent par erreur des trucs dont j’aurais eu besoin pour fabriquer des supers objets). Bref, suffisamment de variété pour ne pas s’ennuyer malgré la répétitivité du jeu. De plus, le challenge du remboursement dont la somme augmente drastiquement chaque semaine contribue à motiver le joueur.

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Acheter pas cher et revendre cher, c’est bien, obtenir gratos et vendre cher, c’est mieux ! Pour se faire, il faut un ami crédule qui sait se battre et avec qui on ira fouiller les donjons pour se remplir les poches. Dans ces phases de jeu la, c’est du classique RPG, on dirige le guerrier suivi de Recette et on compose avec les différents mobs qui ont tous leurs caractéristiques niveaux attaque. Si les premiers pas sont assez difficiles, tout roule une fois qu’on a prit le pli.

Au début de l’aventure, on équipe notre copain le guerrier qui est dans la dèche, mais il en va différemment pour la suite. Nous on a notre sac, et lui, son équipement, qui perdure même s’il perd la mission. Ainsi, on a tout intérêt à faire en sorte qu’il ait le meilleur équipement possible, en lui faisant une petite ristourne lorsqu’il vient faire ses courses chez nous… (D’ailleurs pour un type qui va prier à la chapelle pour avoir de la nourriture, je le trouve assez friqué vu tout ce qu’il m’achète). Par la suite, on peut obtenir d’autres guerriers avec qui bosser qui utilisent d’autres types d’armes, ce qui fait encore plus de clients pour la boutique, capitalism ho !

Lorsque l’on va dans le donjon (protégé par la magie de la fée, on peut suivre le guerrier sans crainte et se consacrer au ramassage des objets), on dispose d’un sac qu’il convient de remplir avant d’aller en mission. Ce n’est pas parce que vous possédez des items de régénération dans votre magasin que vous pourrez automatiquement les utiliser en mission ! Il faut donc bien penser à les prendre avant de commencer. Le sac est également à contenu limité : Au bout d’un moment, on ne peut plus accumuler les objets trouvés en tuant des monstres ou dans les coffres, et on doit choisir lesquels garder et lesquels jeter. Dans le look choupi des items comme dans la pratique, ce système me rappelle beaucoup celui d’Odinsphere, où l’on se retrouve à poser au sol les items en trop pour ne garder que les meilleurs. Mais contrairement à Odinsphere, on ne peut hélas pas s’acheter de sac plus grand pour amasser plus.

Le jeu est bourré d’humour. Dans les dialogues déjà, où les réflexions des personnages sont souvent un peu décalées, tendant vers le parodique des poncifs des RPG – mais jouer une vendeuse dans ce genre d’univers en réfléchissant au profit n’est-il déjà pas une parodie en soi ? – ainsi que dans les actions, les annonces journalières qui après parlé de la monté du prix du fer nous rappellent de nous brosser les dents tous les jours, etc. Cet humour vire parfois même dans le loufoque quant à certains événements qui arrivent dans les quêtes, que je laisserai découvrir aux éventuels joueurs. Pour moi, c’est la touche qui a fait la différence, le morceau de sucre qui aide la médecine à couler

Choupi tout plein, l’univers est kawai et acidulé. Les graphismes sont très classiques mais jolis et les designs travaillés, et bien que je ne sois pas spécialement attirée par ce genre de graphisme de base, j’ai trouvé l’héroïne très attachante et beaucoup apprécié les personnages secondaires malgré (grâce à ?) leurs cotés clichés. Les maps des quêtes sont jolies et variées,
tout comme les monstres, même si certains offrent des designs un peu décalés par rapport à l’environnement (Je pense notamment aux chevaliers en armures qui font bizarre à coté des personnages au look SD). L’environnement est en 3D, mais l’effet rendu est celui de dessin presque crayonné, accentuant l’ambiance pastel de l’univers.
Ce jeu a également un sens du détail et du réalisme qui fait toujours plaisir à voir. Dans les phases d’explorations, il arrive parfois que des éboulis tombent sur le chemin. Si un monstre se trouve à cet endroit, il se trouve blessé lui aussi, élément qui aurait été oblitéré dans un jeu plus classique. Et d’autres petits détails, comme l’épée qui claque contre le mur si l’on frappe sur lui au lieu de passer à travers m’ont bien plu même s’ils peuvent paraitre tout bête.

C’est un jeu que j’ai trouvé globalement très « player friendly ». En effet, votre temps passé à jouer ne sera jamais inutile. Si l’on meurt dans un donjon, on a le droit de rapporter un objet parmi ceux que l’on a trouvé (Même si dans ce cas de figure, on perd donc les objets que l’on avait « investi » dans le sac avant de partir. Parfois on préfère avoir sauvegardé juste avant de partir et reprendre). Le 2eme gros point de cette attitude, je l’ai découvert lors de la fin de la première semaine dans le jeu : Je n’étais pas arrivée à rembourser ma première dette. Déçue d’avoir passée du temps à entrainer le guerrier et accumuler des objets, j’ai regardé l’écran de « game over » qui s’est en fait révélé un écran de reboot : L’histoire a alors repris comme au premier jour du jeu, l’héroïne disant « avoir fait un drôle de rêve » et on recommence au début de la semaine avec notre inventaire intact. Seul notre bourse est revenue au quota initiale de 1000 pix, mais c’est vraiment un bien moindre mal.
Ce système permet donc de ré-attaquer le challenge sans aigreur et avec plus de facilité.

Parmi les petits défauts du jeu, je citerais les fonctions des items de régénération qui ne sont pas très clairs car expliqués nulle part dans l’interface, l’encyclopédie des items collectionnés donnant la même description que dans l’inventaire. C’est en testant que j’ai vu que le pain remontait les mp (logique certes) et que les bonbons remontaient les sp. Perso j’aurai pensé que c’était les morceaux de slime qui remontaient les sp, pour eux en dehors des fusion leur utilisation reste nébuleuse. Mais y’a bien des gens qui me les achètent, ils doivent bien en faire quelque chose. Et sinon bah, on peut bien dire que les villageois ont des looks répétitifs et peu variés mais c’est le genre de choses que je pardonne aisément à un jeu de ce genre. Un petit manque d’ergonomie dans la gestion du sac lors des quêtes, où l’on doit forcement ouvrir l’inventaire, virer un objet puis ramasser l’item, au lieu d’avoir un système « Le sac est plein, échanger avec un autre objet ? » qui aurait été plus pratique.

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Les défauts sont minimes et j’aurai du mal à en souligner d’autres, parce que j’ai eu un gros crush sur ce jeu, rigolo, mignon et addictif (qui a réussi à me faire oublier mon Batman Arkham Asylum entamé loin de chez moi, vous imaginez le truc. Bon par contre il ne serait pas de taille en lutte directe). Recette séduit par son enthousiasme débordant et le contraste amusant entre son allure d’adorable gamine et son comportement capitaliste, les personnages secondaires sont sympathiques, le challenge est prenant, bref, que du bon !

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Classé dans Article par Plumy, Jeu Vidéo

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