[Jeu] Corpse Party (Blood Covered – Repeated Fear)

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Corpse Party Blood Covered – Repeated Fear (résumé à « Corpse Party » pour nous) est un jeu sur Psp, sorti en Europe en décembre 2011 (C’est tout récent !) dont je n’aurais certainement jamais entendu parler si Rex n’avait pas ouvert un topic à son sujet sur le forum Thalie. Intriguée par le pitch, et surtout enthousiasmée par le graphisme très « manga » que j’aime voir dans les jeux vidéos, j’ai surveillé ce jeu du coin de l’œil, et lorsqu’il fut soldé à 10 euros sur le Ps Store, je m’en suis emparée. Je ne m’attendais à vivre des sentiments aussi fort avec un ce jeu aux graphismes oldies qui a réussi à se faufiler jusqu’à nous.

Corpse Party, c’est l’histoire d’une bande d’ado qui s’amusent à un petit rituel, le rituel de Sachiko, et se retrouvent téléportés dans une étrange école délabrée ou rodent fantômes, cadavres et hémoglobines à foison, ainsi que phénomènes paranormaux là où on s’y attend le moins. Ils vont alors chercher une issue de secours, avant de bien vite comprendre qu’il n’y en a pas…

Les graphismes peuvent surprendre : Initialement, le jeu est un dojin fait en 1996 sur RPG maker, avant de se voir offrir un remake sur Pc en 1998 (Corpse Party: Blood Covered ), puis un dernier sur Psp en 2010, celui la même auquel j’ai joué : Corpse Party: Blood
Covered Repeated Fear

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Le jeu était comme ça au début. Assez cheum wé. (Quoique j’aime bien l’artwork qu’on voit avec tous les perso). Il y avait des doublages des dialogues, mais seulement pour les répliques importantes.

Dans son portage sur Psp, le jeu écope au passage de nouveaux graphismes pour les personnages qui, si très consensuels et classiques, n’en demeurent pas moins efficaces, et surtout, surtout, de doublage par des seiyus professionnels qui vont donner toute sa puissance au jeu. Absolument tous les dialogues sont doublés, ce qui, avec les bruitages et la musique, vont permettre une immersion très importante dans ce jeu, à jouer au casque, impérativement. De plus, certains seiyus sont visiblement des pointures aimées du public, mais je vous avoue, je ne m’y connais pas assez en seiyu pour en parler.

Au niveau du système de jeu, on se situe à mi chemin entre un point & clic / jeu d’exploration et un visual novel. Le principal du jeu consiste à explorer les zones et à tester des actions, mais la présence des « bads ends » ainsi que de nombreuses scènes de dialogues et de passages narratifs où parfois on a simplement un écran noir avec du texte et des bruitages rapprochent d’un VN. Les personnages disposent de jauge de Pv, mais elles sont quasiment inutilisées dans le jeu, simple relent de la première version sur RPGmaker ? De manière étrange, j’ai fait un amalgame dans ma tête entre ce jeu et Yume nikki, pour le coté « exploration d’un monde étrange » et le coté « graphismes oldies », même si au final les deux jeux sont très différents l’un de l’autre, Yume Nikki étant plus une expérience sensitive qu’un jeu au sens propre du terme. Mais en terme d’ambiance étrange qui s’insinue, il y a quelque chose de similaire entre ces deux jeux pour moi.

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Malgré les graphismes basiques, l’ambiance du jeu s’impose petit à petit, s’insinue et devient oppressante et terriblement réelle, et cela grâce, principalement, aux sons du jeu.

La musique, les voix et surtout, les bruitages. Comme je l’ai dit plus haut, il faut jouer avec le casque, pour profiter réellement de l’immersion que procure ce jeu. Entendre la petite voix lointaine d’une fantôme murmurer derrière à sa gauche ou des pas se rapprocher… Il est vraiment surprenant de constater le niveau d’immersion que peut procurer un jeu aux graphismes si pauvres. Preuve que que les performances graphiques ne sont pas clés de voûte de la qualité d’un jeu. D’ailleurs, si ce jeu avait eut des graphismes plus avancés, il m’aurait été insoutenable. Les graphismes old school permettent une certaine distance, tout en faisant tourner l’imagination à plein régime, et font fonctionner le sentiment d’horreur non pas sur des images choquantes mais sur des descriptions et des bruitages qui laissent à chacun le loisir d’imaginer l’indicible. Ainsi, par les mots, chacun visualise sa propre version des faits du jeu, ce qui est peut-être pire qu’une image imposée. C’est très choquant, en fait, de voir ces petits personnages en sprite se mettre à saigner.

Un autre effet des graphismes (non prévu peut-être) est le contraste terrible entre ces personnages assez « choupi kawai » et les horreurs qui leur arrivent. Voir leurs visages se déformer par la peur, les voir sombrer dans la folie, est encore plus dérangeant avec ce genre de visuel. Cela appuie énormément sur le fait que ce ne sont que des enfants, relativement « innocents », et qu’ils vivent l’insoutenable. Le jeu possède une grande portée psychologique à ce niveau, et s’appuie principalement sur ça. Au début effrayés, ils commencent à réaliser qu’ils vont sûrement mourir ici, et chacun réagit à sa manière, certains avec une hystérie bien compréhensible, plongés dans une horreur qu’ils n’auraient jamais pu imaginer. La plupart du temps, ce sont de simples écrits manuscrits trouvés ici ou là dans l’école qui vont oppresser les personnages – et le joueur – alors qu’il aura un aperçu de ce qui l’attend alors qu’il lit les notes d’un élève qui a fini par manger son camarade de classe pour ne pas mourir de faim… L’horreur de ce jeu est bien souvent l’horreur des mots. De simples textes lu vous font courir un frisson le long de la colonne vertébrale.

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Malgré ce que je viens d’énoncer, Corpse Party n’est pas un simple « jeu d’horreur« . C’est là que se trouve toute sa force et sa qualité, ce qui fait que j’y ai autant accroché. Les personnages, malgré un premier abord cliché à mes yeux (surtout à cause des graphismes) sont tous très attachants, vivants, et vivent chacun leur propre histoire avec une grande force. Chacun affronte à sa manière la situation, avec ses antécédents personnels. Il est au début surprenant, puis très touchant, de voir par exemple la petite Yuka se refuser à uriner dans un coin d’une de ces pièces et à absolument vouloir des toilettes et surtout y aller seule, pour préserver cette petite parcelle de normalité sans laquelle elle sombrerait dans la folie. La plupart des personnages agissent ainsi, se raccrochant à un petit morceau de normalité qui leur permet de tenir le coup. Des flashbacks de leur vie normale, paisible, n’en rendent que plus difficile la situation dans laquelle ils sont plongés. Un effet de chaud / froid des plus efficaces. Je ne pensais pas m’attacher à ces personnages, et pourtant si, je vivais avec eux la situation et m’inquiétait de l’évolution de leurs relations entre eux : Amitié, amour, tout y est. De plus, l’histoire en elle même n’est pas en reste et est surprenante de retournement de situations. Rien n’est fait au hasard, tout sera expliqué à la fin, tout à une raison d’être. L’impression de vivre l’histoire était d’autant plus forte que l’on craint à chaque instant que l’un des personnages principaux ne meurt, ce qui peut arriver à n’importe qui.

Corpse party est un jeu qui fait peur oui, mais pas peur du genre « bouh une sale face vient de s’afficher sur ton écran, ah ah t’a été surpris hein ? ». Non, c’est une peur insidieuse, oppressante, qui s’insinue lentement alors que l’on déambule dans cette étrange école et qu’aux moments les plus imprévisibles des choses se déclenchent d’elles-mêmes. Des ciseaux ensanglantés dans les placards, des portes recouvertes de cheveux, la lumière qui s’éteint.

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Un de mes personnages préférés du jeu, une sorte de voyou avec un bon fond.

Une fois le jeu fini, on a droit à une série de bonus nommé « extra » qui sont des espèces de « scènes coupées » ou de mini jeu, même si la plupart sont parfaitement linéaires, qui nous proposent d’assister soit à des morceaux du passé des héros, soit à des scènes de la vie passée des élèves trouvés morts dans l’école. On leur découvre des sprites définis, ce qui est assez surprenant pour les voir aussi peu de temps, mais aussi très agréable. Ces petites scènes bonus sont pleines de vie et de chaleur et sont assez surprenantes à découvrir après avoir fait le jeu, nous rappelant cruellement que ces élèves morts avec nous avaient eux aussi des vies banales et heureuses. Une chouette manière de quitter l’univers du jeu en douceur.

J’ai adoré ce jeu. Il m’a fait frisonner, m’a vraiment fait peur, m’a aussi emballée, mais n’est hélas pas exempt de défauts.

Le premier, c’est sans aucun doute sa difficulté. Difficulté qui parfois flirte avec des bugs de jeu en fait, car souvent un choix infime peut changer du tout au tout la donne et vous empêcher d’accéder à la good end. Cela est particulièrement présent dans le chapitre 5 du jeu (Le jeu compte 5 chapitre en tous, d’environ 3h de jeu chacun). La grande partie du jeu m’a d’ailleurs fait me confronter à ses situations insolubles à mon sens, et sans le topic dédié sur le forum thalie ou j’allais demander de l’aide tous les deux jours, je n’aurais pas put faire ce jeu. A la fin, j’ai fini par jouer avec la soluce à la main et constater que j’étais à la fin du jeu mais qu’un infime détail avait empêché l’affichage de la moitié des actions est diablement frustrant.

Je parlerais donc d’une difficulté mal dosée et d’un manque d’indices qui permettraient d’avancer correctement dans le jeu. Jouxté au nombre de sauvegardes limitées à 5 par chapitre, c’est un peu rude. Disons qu’il faut trouver le juste milieu entre exploration personnelle et jouer avec la soluce à portée de main.

Autre défaut à mon sens, un coté « fanservice » et travers typiquement japonais qui a légèrement entaché mon plaisir. Bon, les filles qui hurlent tandis que les garçons restent stoïques, oké ça passe encore. La petite soeur de 14 ans qui à l’air d’en avoir 10, j’étais touchée au début (les histoires de frère et soeurs, ça me touche toujours beaucoup) mais à force, ses « oni chan dasukete » stridents me portaient sur les nerfs.

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« J’ai 14 ans et je suis moé ! »

Mais c’est surtout le coté fanservice lattant avec des pansy shot gratuit dans les artwork dès que possible, les filles qui ont forcement des poitrines assez énormes et illogiques pour des ado, les ptits blagounettes « oups je suis tombée sur toi et j’ai mis la main sur ton sein » ou « Ah j’ai fait pipi dans ma culotte alors je me déplace fesse à l’air, zut alors » qui me font lever les yeux au ciel et cassaient l’ambiance pour moi. Enfin, ce n’est pas un point suffisamment important pour détruire le plaisir du jeu. Juste un détail qui m’a personnellement chiffonné. J’imagine que c’est une forme de formatage, quand on a l’habitude de dessiner du pantsu shot à la moindre occasion on le fait de manière systématique sans se dire que c’est ptêtre pas bienvenue dans un artwork de scène d’horreur.

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« Ne dis pas du mal des seins de ma Naomi chériiiiie « 

Pour ceux qui ne peuvent pas / veulent pas jouer à ce jeu, il existe une version manga qui a première vue suit parfaitement le déroulement de l’histoire. Une alternative qui peut être très intéressante même si rien ne peut remplacer la portée qu’à le jeu en matière d’imagination personnelle. Même si je ne suis pas fan des graphismes, j’avoue que les fantômes sont bien flippants.

Il existe un autre jeu (une pré-quelle visiblement ?) nommé Corpse Party – Books of Shadows qui n’a pour le moment pas réussi à percer jusqu’à nous, pas plus qu’aux states visiblement. Je croise les doigts !

Trailer americain

Opening du jeu Psp. Au début j’ai eut l’impression que tous les artworks du jeu étaient passés dans cette vidéo, la rendant excessivement spoilantes, mais elle inclut en fait pas mal de bad end, et surtout ne concerne que les 3 premiers chapitres. La suite, c’est surprise ! Je me suis mise à adorer cette vidéo, je la regardais à chaque lancement du jeu.

En quelque mots, vous devez jouer à Corpse Party, car c’est une expérience inédite et surprenante qui vous attend, et parce qu’il faut encourager l’exportation jusqu’à nous de ce genre de jeu (même si ce n’est « que » une version dématérialisée et en anglais qui nous est parvenue, c’est déjà très bien ! ). Je ne déconseillerais ce jeu qu’aux personnes trop jeunes et impressionnables.

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Classé dans Article par Plumy, Jeu Vidéo

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