[Jeu] Ib – Derrière les tableaux

Lorsque l’on lance ce jeu indie, on est quelque peu circonspect. Les graphismes old school sont toujours un peu difficile à digérer quand on est habitué aux jeux next gen, mais habituellement les sprites familiers des personnages nous donnent un point de repère. Pas dans Ib, ou les sprites sont personnalisés, donnant d’étranges personnages tout en longueur qui font penser aux genres de personnages en pixel que l’on pouvait trouver sur les très vieilles consoles. Le dessin d’introduction n’est pas spécialement joli non plus, bref, rien qui ne puisse vraiment charmer à première vue. Mais soyons curieux.


La petite Ib (prononcer « Eve ») va pour la première fois au musée, accompagnée de ses parents. L’exposition est consacrée à Guertena, et Ib découvre ses œuvres, lisant comme elle peut les commentaires les accompagnant, mais bien souvent, du vocabulaire lui manque, Ib est encore une petite fille. Alors qu’elle s’arrête devant un immense tableau, les lumières s’éteignent et plus un bruit dans le musée, désormais vide. La porte d’entrée est fermée, et d’étranges événements commencent à se produire : Une pomme tombe d’un tableau, une ombre passe derrière une vitre, un bruit de pas se fait entendre… Lorsque, revenant dans la pièce où est exposée l’œuvre principale de l’exposition, elle s’aperçoit que la barrière à disparue, et qu’elle peut… Entrer dans l’œuvre principale de l’exposition et ainsi pénétrer dans un autre monde.

Pénétrant dans un tout autre univers, elle va découvrir une rose rouge, qui lui sera très, très importante, car cette rose rouge symbolisera dès alors sa vie, et si elle perd toutes ses pétales, la jeune fille périra. Heureusement, des vases disposés à intervalles régulières dans cet étrange monde lui permettront de ressourcer sa fleur, et les points de sauvegardes sont nombreux également. Et c’est partit pour explorer l’étrange univers de Ib.


Dans les premiers temps de jeu, c’est bien l’angoisse et le stress qui dominent, impression augmentée par la découverte des événements. Tout est étrange, surprenant et angoissant, et on ne sait pas trop où on va, mais on avance. Les murs peuvent être vos ennemis, des objets se déplacent tous seuls dans votre dos, et les bruitages jouent énormément dans l’ambiance stressante du jeu. Entendre des bruits de pas sans savoir d’où ils proviennent n’est qu’un exemple parmi d’autres. Je sursaute très facilement, donc autant dire que ce jeu m’a mis les nerfs en pelote. A ne pas jouer la nuit.

Ce genre de jeu laisse une empreinte bien plus importante au joueur car c’est au final lui et lui seul qui a créé son univers et son ressentit du jeu. Là où un jeu aux graphismes très élaborés ne laisse rien à l’imagination, sinon au fantasme, ce genre de jeu aux graphismes old school, lui, joue énormément sur l’ambiance. Car c’est bien de l’ambiance du jeu dont on se souvient en premier lieu, à l’instar d’un Yume Nikki dont on gardera un souvenir fort et individuel à chaque joueur. Mais de Yume Nikki, sorti des graphismes rétro conditionnés par la réalisation dans RPG maker et l’ambiance étrange qui ressort de l’œuvre, peu de points communs. Là où Yume Nikki est une œuvre faite principalement d’observation sans réel but ni réels ennemis, et ou l’héroïne est seule tout au long de l’histoire, Ib est une histoire avec un scénario à suivre, d’autres personnages avec lesquels on interagit, de nombreux ennemis que l’on ne peut que fuir et non pas attaquer, et aussi de nombreuses énigmes de toutes sortes.


[Source]

Tout ce que le jeu ne dit pas et se contente de suggérer, le joueur l’imagine, l’interprète, et se l’approprie. Et ce qui parait au premier regard un canevas dépouillé acquiert pour le joueur une épaisseur tangible, alors que fouillant cet étrange univers, baigné par les musiques, il s’attache aux personnages et à leur relation. La rencontre avec Garry, et le personnage en lui-même, ont énormément contribué à mon attachement au jeu. Garry est un adulte, mais il est tout aussi terrorisé que Ib par ce qu’il se passe en cet endroit. Comme elle, il porte à son coté une rose bleue, symbole de sa vie et qu’il doit protéger. En terme de gameplay, il peut pousser de lourds objets qui bloquaient Ib et peut aussi lire les kanjis qu’elle ne sait pas lire sous les tableaux (j’ai trouvé ce point de détail adorable). Dans la version japonaise, il s’exprime en argot « Onee », qui est habituellement utilisé par les gays, mais on ne sait pas s’il l’est ou pas. Dans la traduction anglaise, on ne ressent hélas pas ce langage, et lorsque Ib lui demande « pourquoi il s’exprime comme une lady », on se demande bien de quoi elle parle.

Toujours sur le thème du « Ça ne paye pas de mine au premier abord mais c’est drôlement chouette », Ib rappelle encore une fois que le plus important dans une œuvre, ce n’est pas forcement la qualité des graphismes. En effet, entre le jeu aux pixels old school et les dessins originaux par forcément fabuleux, on aurait put croire que l’œuvre manquait de l’essentiel. Mais non, la magie opère, les personnages prennent consistance et on s’y attache. En tant que dessinatrice, ce constat me surprend toujours, alors même que je le sais. On cherche toujours à dessiner le mieux possible, comme si tout l’intérêt d’une œuvre passait par la qualité du dessin, mais c’est faux. L’intérêt principal du jeu ou d’un manga, c’est encore et toujours l’histoire. Et dans ce cas précis, je pense que les musiques originales très joliment composées que l’on écoute avec plaisir en dehors du jeu y sont pour quelque chose.

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Si l’histoire n’est pas clairement explicitée – on ne sait pas vraiment comment elle est allée dans cet autre monde – des nombreuses pistes sont données. Je n’en dirais pas plus pour ne pas spoiler. Le jeu joue aussi beaucoup sur la thématique de l’œuvre d’art, et ce qui en découle : Les sentiments que l’artiste met dedans, la différence de perception que chaque personne a, etc. Pour en revenir au gameplay, on se déplace et on a simplement une touche « action » pour lire ou étudier les items. Ce qui n’empêche pas une certaine richesse de jeu, avec des énigmes de toutes sortes, ainsi qu’un passage que j’ai adoré où les protagonistes sont séparés et interagissent les uns avec les autres pour s’entraider dans leur progression.

Plusieurs fin sont possibles, pour ma part j’ai eut la « good ending » mais il y a visiblement environ 6 fins différentes. Le jeu quand à lui peut se jouer en environ 4h je dirais ? Cela dépend aussi de la rapidité pour résoudre les énigmes, même si quand on est bloqué, analyser tous les items permet souvent de progresser.

まるで家族みたいに | 富岳のこ

Bref en peu de mots, Ib est une expérience à vivre, un jeu d’exploration / horreur à l’ambiance très prononcé qui cache des personnages attachants et des jolies musiques qui restent dans la tête. A expérimenter.

Liens :

Télécharger le jeu : [Lien] traduit du japonais vers l’anglais par vgperson, milles merci à lui !
Le site officiel de l’auteur, Kouri : [lien]
Les let’s play sur nico douga : [lien]

Yume Nikki : Je parle de Yume Nikki mais n’ai jamais fait de véritable article sur ce jeu. Vous pouvez néanmoins en lire quelques mots sur mon artblog principal. J’aimerais bien un jour en parler correctement ici, mais je doute que la magie de la première fois soit encore la si je refait le jeu.

Fanart : D’ailleurs en parlant d’artblog, j’ai fait un petit fanart de Ib pour les curieux, que j’ai préféré ne pas insérer à coté des jolis fanarts que j’ai utilisé pour illustrer cet article.

Notes :
– Alt + enter pour mettre le jeu en mode « fenêtre »
– Le jeu peut planter à un moment du jeu, lorsque vous sortez un livre d’une bibliothèque. Il faut alors déplacer le document Map0028.lmu situé dans le dossier Videopatch dans le dossier principal (Vous pouvez voir la vidéo dans le dossier Movie)

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Classé dans Article par Plumy, Jeu Vidéo

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