[Film] Les gamins

3494Guitariste et compositeur inconnu, Thomas rencontre la belle et rigolote Lola. La complicité dans leurs délires laisse bien vite la place à l’amour et le jeune couple profite de la vie, s’amuse et n’est que bonheur. Et face à cette nouvelle vie qu’il aime, Thomas décide de passer le cap, de chercher un vrai boulot et de se marier. Sur cette lancée, il va donc rencontrer ses beaux-parents, Suzanne et Gilbert, clichés du couple blasé par la vie dont tout éclat a disparu.
Gilbert, quinquagénaire suffoquant dans l’ennui et la monotonie, se fait entraîner le temps d’une soirée à un peu de folie avec son futur gendre. A tel point que c’est décidé, Gilbert se barre de chez lui pour profiter de la vie. Et Thomas, gêné d’avoir été l’initiateur de cette rupture, va être amené à se poser des questions sur son envie de devenir plus responsable en se mariant, alors qu’il peut aussi continuer sa vie fun de « grand gamin » en suivant le sillon de Gilbert.

Humour et complicité dans ce couple heureux...

Humour et complicité dans ce couple heureux…

Un petit mot vite fait sur une comédie qui risque de passer inaperçue par le sujet abordé et la bande-annonce très classique et qui pourtant, sans être extraordinaire, parvient à tirer son épingle du jeu. Les gamins est un divertissement basique, grandement porté par le duo comique Max Boublil / Alain Chabat, mais qui jouit d’une réelle fraîcheur tout au long d’une trame scénaristique pourtant sans surprise et à la morale finale un peu trop convenue.

Déjà parce que le rythme et la mise en scène sont de qualité. Les plans s’enchaînent sans fausse note, et empêchent toute forme d’ennui de pointer le bout de son nez. L’ensemble sert des dialogues assez efficaces mettant bien en valeur le jeu d’acteur déjanté de Boublil et Chabat, et de nombreux rires sont au programme.

Gendre et beau-père cédant au plaisir de se sentir vivant

Gendre et beau-père cédant au plaisir de se sentir vivant

De plus, de nombreux petits détails rajoutent de la plus-value à l’ensemble. La chanson que Thomas veut à tout prix proposer à un éditeur et dont il est tellement fier est une cinglante ironie. Totalement ridicule et pauvre, il y tient comme représentation de sa vision artistique et ce décalage entretient l’aspect idéal presque idiot de son fantasme musical.

Quelques invités célèbres le temps d’une scène ou deux comme Iggy Pop ou Patrick Bruel dans des rôles très drôles et sans prétention contribuent aussi au côté fraîcheur du film. J’adore également le rôle génial d’Alban Lenoir (Klaus de HeroCorp) en obsédé des femmes mûres, classieux gentleman en apparence et pathétique au possible derrière le masque. Et plein d’autres personnages super drôles…

A certains moments de sa vie, on se pose des questions...

A certains moments de sa vie, on se pose des questions…

Un autre aspect que j’ai apprécié est le fait qu’aucun personnage n’est montré du doigt comme celui qui a fait des erreurs. Certes, Gilbert et Thomas devront se faire pardonner d’avoir pris la poudre d’escampette, mais les raisons de cette fuite et donc les problèmes du couple sont clairement partagés. Rien ne naît que de la faute d’un seul côté. Tout le monde se pose des questions, tout le monde cherche à comprendre sa part de responsabilité et à l’assumer au final. Et ça, c’est une vision saine du couple et de ses problèmes.

Et aussi un détail tout bête qui fait plaisir : sur deux couples qui « font le point », seule une personne va aller jusqu’à coucher avec autrui dans son égarement, et ce n’est pas un des deux hommes ! Et ça fait plaisir que les scénaristes ne soient pas tombé dans le cliché du mec queutard qui quitte sa femme et va directement baiser à droite à gauche. Surtout que le pathétique de leur crise d’adolescence à retardement est bien suffisant à poser toutes les questions existentielles de ce genre de situation.

Enfin bref, j’ai apprécié le film, il donne le smile, fait franchement bien rire par moments, sait poser des questions intéressantes sans enchaîner les clichés moralisateurs, hormis pour la conclusion, histoire de finir sur un happy end en bonne et due forme. Le fait que je me marie dans une semaine doit certainement me sensibiliser au thème (va falloir que je me décide, si je veux m’enfuir au loin, parce que ça se rapproche, quand même XD), mais je pense franchement que Les Gamins reste un très bon divertissement.

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Classé dans Article par Edward, Film

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