[Film] Pacific Rim

245941id1b_PacRim_1sided_120x180_2p_400.inddVous prenez Evangelion, vous enlevez les réflexions un peu trop psychologiques que vous remplacez avec des clichés hollywoodiens, vous tournez le tout avec de vrais acteurs et de la belle image de synthèse, et vous obtenez un film qui a de la gueule !

Dans un futur proche, une faille inter-dimensionnelle s’est ouverte au fond du Pacifique, d’où sortent de manière de plus en plus rapprochée des créatures immenses appelées des Kaiju, détruisant tout sur leur passage. Face à cette menace nouvelle, les forces mondiales s’unissent pour construire les Jaëger, des robots gigantesques pilotés par deux co-équipiers grâce à une technologie nouvelle : la dérive. Un lien direct et difficile à maitriser entre les deux cerveaux des pilotes, partageant par la même leurs souvenirs et leurs pensées, et permettant de gérer la complexité des deux hémisphères du robot géant. Raleigh et son frère sont parmi les plus célèbres de ses pilotes qui repoussent de nombreux Kaiju depuis des années, mais peu à peu ces derniers deviennent plus puissants et le Jaëger de Raleigh est vaincu et son frère tué.

nouveaux co-équipiers

nouveaux co-équipiers

Plusieurs années plus tard, alors que l’humanité n’arrive plus à endiguer les vagues d’attaques de monstres géants, l’Amiral demande à Raleigh de reprendre les armes avec un nouveau co-pilote, et plusieurs autres Jaëger pour mener à bien une ultime mission : pénétrer la brèche et y déposer une bombe d’une force colossale pour détruire le pont entre les deux dimensions.

Dit comme ça, le film a l’air de taper dans le registre de la baston à grande échelle pour nous en balancer plein la gueule… et c’est le cas ! Mais il serait dommage de résumer le film à cela. Car bien qu’on subisse une trame scénaristique très classique et que les scènes clichées ne cessent d’affluer, tout l’ensemble est rehaussé d’une patte artistique certaine, tant dans le visuel, que dans l’ambiance ou le traitement des personnages. Du banal, mais avec une touche personnelle agréable et charismatique qui fait très bien passer la pilule.

c'est la marche des éléphants, tadadadadaaam...

c’est la marche des éléphants, tadadadadaaam…

Une grosse partie de cet aura frais qui entoure le film vient de l’auto-dérision et de la subtile dose d’humour qui ponctue dialogues et personnages. Ils ont trouvé le bon compromis entre le sérieux plombant et le parodique avec de nombreuses scènes qui feront sourire voire rire entre deux moments intenses. Même principe pour les personnages clichés qui apporteront par leur dialogue un petit plus qui leur évitera de sombrer dans la banalité. Que ce soit le caractère japonisant de l’héroïne, le ton décalé du receleur d’organes ou les délires des deux chercheurs. Cet équilibre rendra totalement digeste le film qui n’échappera pas à de nombreuses incohérences, mais en même temps, à partir du moment où on va regarder un film de robots géants contre des monstres, il vaut mieux oublier un peu notre esprit cartésien  au vestiaire.

Et l’autre force du film vient de l’ambiance visuelle insufflée par le réalisateur Guillermo Del Toro. Tout est beau et classe… et pas seulement parce que le budget permet des effets spéciaux de qualité, mais parce que les atmosphères posées sont palpables et très efficaces. La photographie enchaine les plans somptueux et une gestion des lumières irréprochables mettant en valeur scènes de dialogues comme combats dantesques.

ça va faire mal !!

ça va faire mal !!

La mise en scène est nerveuse, haletante, et ne nous laisse pas de moment de répit, faisant monter la sauce à chaque déploiement de Jaëger. On retrouve vite son âme d’enfant émerveillé à l’idée de voir évoluer des méchas, et quand ils se mettent à courir ou à sortir une arme secrète, waaah, juste trop la classe, quoi ! En fait, mon seul petit regret en terme de plaisir visuel vient du fait que les combats se déroulent en grande majorité dans des environnements déchainés. Pluie, tempête, océan, autant d’éléments qui ont de la gueule mais rendent souvent l’action peu lisible et font qu’au final, les robots à l’armure brillante ne nous laissent quasiment pas de temps à la contemplation. J’aurais aimé une scène de combat sur terre, avec un temps radieux, ou un soleil couchant peut-être… un passage plus posé où on aurait mieux admirer ce combat de titan et gardé en souvenir une image plus nette.

En bref, Pacific Rim est un film qui ne révolutionne pas le film d’action et tape allègrement dans les clichés, mais arrive à sortir son épingle du jeu grâce à un ton léger, une dose bien équilibrée d’humour et une ambiance maitrisée. Ce qui le place directement en tête des films de méchas, un genre bien peu exploité au cinéma, et qui fait bien plaisir à regarder.

Plumy okL’avis de Plumy : Ma 1ere rencontre avec Pacific Rim, ça a été dans le métro parisien, tombée née à née avec une affichage montrant un Mecha. UN MECHA. Je veux bien que nos cultures se mélangent, que la bd et le cinéma commencent à digérer ces multiples influences, mais un Mecha quoi !

De base, je suis pas spécialement fan du genre. J’ai vu Evangelion (comme « tout le monde ») et ça s’arrête la. Du coup, ma connaissance du genre et ma capacité à analyser le sujet est bien réduite et je ne peux comparer Pacific Rim qu’à Evangelion… Mais le concept, l’esprit même de la chose, ce concept tellement énorme, tellement japonisant, j’étais direct séduite. Surtout qu’avec les moyens actuels, on peut vraiment envoyer du pâté.

Je m’attendais surtout à m’en prendre plein les yeux, et pas forcement grand chose du scenario. Au final j’ai été plutôt agréablement surprise car même si les personnages manquaient d’une certaine profondeur pour que je les kiffe totalement (particulièrement le héros, je ne saurais pas quoi dire sur lui) l’ensemble était quand même vraiment convenable et même carrément awesome. Alors oui, quelques boulettes scénaristiques notamment à la fin (et ne parlons pas des Mecha, le concept même de Mecha sous-entend une acceptation de l’impossibilité de ces machines qui, nous le savons bien aujourd’hui, s’écrouleraient sous leur propre poids) mais dans l’ensemble il y a eu une recherche et une réflexion vraiment cool.

Des musiques dantesques pour accompagner des combats certes brouillons car systématiquement sous la pluie et pas forcement très lisibles, des personnages secondaires clichés mais cools et qui pour moi fonctionnaient très bien (que ce soient les pilotes secondaires très caractérisés et le duo de scientifiques qui passent leur temps à se prendre la tête à cause de leurs avis divergents), un visuel profondément artistique, le tout assaisonné d’un humour qui jouait la carte de l’auto-dérision et vous avez la un film vraiment cool qui m’a simplement fait prendre mon pied et avoir un sourire qui faisait le tour de la tête durant le premier quart d’heure de film. J’ai également adoré le concept des binômes de pilotes, qui donnait la part belle au partage émotionnel entre les personnages (Même si ce principe est hélas parfois balayé d’un revers de main des scénaristes, beuh)

Parmi les personnages principaux, vous trouverez Mako, jeune japonaise qui symbolise le japon et le penchant terriblement japonisant de ce film (rien que l’utilisation du terme Kaiju pour désigner les monstres géants…) Et donc, Mako. Personnage sur lequel j’ai eut quelques appréhensions avant de l’adorer totalement, car elle incarne parfaitement le japon et sa réserve. Elle n’est pas « faible », elle est forte mais également inexpérimentée et trop couvée par son père adoptif. C’est une battante mais également une jeune femme coincée dans le carcans de son éducation. Un personnage vraiment cool et équilibré et non résumé à son statut de « femme » (Soit dit en passant, le film ne passe hélas pas le test de Bechdel : Nous avons Mako, personnage qui déboite, un autre personnage féminin qui pilote un Mecha… Il aurait suffit qu’elles échangent quelques mots à propos du prochain combat et le film l’aurait eut, dommage ! )

Je pense que vous l’aurez compris, ce film m’a enthousiasmée et je suis heureuse de vivre cette période de digestion des différentes influences culturelles par le cinéma et j’ai hâte de voir d’autres films issus de cette vague ♥

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3 Commentaires

Classé dans Article par Edward, Article par Plumy, Film

3 réponses à “[Film] Pacific Rim

  1. Ben moi j’aurais vraiment adhéré à 100% s’il y avait eu plus de gonzesses… Tout le long du film j’imaginais ce que l’un ou l’autre des scientifiques aurait pu donner en nana ou encore le patron du marché noir (Jo aurait parfaitement pu tenir le rôle 😄 !) ou même l’Amiral… Sérieusement, ça coûte RIEN de mettre des filles dans un scénario comme ça, mais non, la science c’est pas pour les filles, sans parler de sauver le monde quoi, pfou on pourrait se casser un ongle. Mais bon, on a une héroïne asiat (double combo), un black à un poste important et même un chien : perché !

    • Baaaaah oui mais que veux tu que je te dise : Oui, notre société est sexiste, mais ça évolue. Y’a 30 ans pour le même concept on aurait certainement pas eut de nana pilote. Je sais plus ou j’avais lu ça, mais qu’en gros réfléchir en féministe c’était comme un filtre qu’on pouvait pas enlever et que ça nous faisait voir tous les soucis des films, bd etc que l’on consomme. C’est vrai. Mais malgré ça j’arrive à trouver mon plaisir quand l’œuvre touche à des trucs qui me plaisent et a un scenar cool. Et comme tu dis on a une heroine asiat dont le père adoptif est black c’est quand même super fort de café et une évolution qui fait plaisir quoi ! Les choses prennent leur temps, je suis d’accord pour me battre et revendiquer pour que ça continue à avancer dans le bon sens, mais des fois je pense qu’il faut un peu laisser couler vv; (Je suis sure que beaucoup considéreront mon attitude d’un œil critique mais tant pis XD; )

  2. C’est marrant comme les avis sur ce film sont globalement unanime. C’est rare.

    Car je partage complètement ton point de vue : oui c’est un « bête » film d’action avec un schéma classique et des persos légèrement clichés. Mais bon sang, qu’est ce que ça envoie du steak!
    Honnêtement, je suis allé voir le film plus par principe que par réel envie (les méchas c’est pas trop mon truc). Mais je ne regrette vraiment pas d’avoir sacrifié une partie de ma soirée pour voir cette production.

    C’est franchement super beau et le rythme du film est vraiment maîtrisé (à la différence de Transformers 3 par exemple…). Seul le héros m’a vraiment laissé dubitatif (d’ailleurs, je l’ai confondu avec le pilote russe au début…), mais Mako rattrape bien cette carence (d’ailleurs la scène de flashback fait tellement animé japonais que ça en est presque joussif!).

    Bref, c’est LA bonne surprise de cet été!

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