[Film] Le dernier pub avant la fin du monde

The-Worlds-End-Affiche-UKGary King, ancien leader d’un groupe d’amis et éternel adolescent dans l’âme, décide de réunir près de 20 ans après leur séparation ses quatre anciens potes de beuverie pour tenter de finir le célèbre marathon de la bière de leur ville natale, Newton Haven, et réussir enfin là où ils ont échoué jadis : boire une pinte dans chacun des 12 bars, l’un après l’autre.

Mais les années passées, chacun des anciens amis a bien changé et la cohésion dans le groupe est plutôt bancale. Des désaccords qui vont poser soucis quand ils découvrent que la ville n’est plus tout à fait normale, et que les habitants ont un comportement suspect. Une épopée éthylique aux enjeux insoupçonnés commence alors.

La fine équipe au rendez-vous
Après les deux petits bijoux d’humour qu’étaient Shaun of the Dead et Hot Fuzz, (et sans compter le désastreux Paul qui réunissait certes les deux acteurs, mais pas le réalisateur), Edgar Wright filme à nouveau Simon Pegg et Nick Frost dans une comédie bien tordue à l’humour hilarant.

le marathon de la Voie Maltée, toute une épopée...

le marathon de la Voie Maltée, toute une épopée…

Pourtant, la première demi-heure m’a fait un peu peur. Pas de défauts particuliers, mais un feeling manquant chez le duo habituel. Cette petite touche de sympathie et de complicité qui faisait des merveilles dans les deux précédents films ne semblait pas au rendez-vous, et l’histoire se dirigeait vers une construction un peu trop classique à travers les 12 pubs… (avant que les 12 flammes de l’horloge sacrée ne s’éteignent ? XD)

Mais ne vous y fiez pas, cette retenue était totalement volontaire pour témoigner du fait que les années passées et la routine ont rendu le groupe assez terne et absent de motivation. Et lorsque le film bascule des scènes de dialogues intimistes à un délire de complot robotique, le rythme explose et tous les protagonistes se voient donner un gros coup de pied au cul révélant leurs vraies personnalités et boostant leurs rapports réciproques.

Là ! C'est exactement à ce moment là que le film explose et que tout le plaisir du spectateur s'emballe^^

Là ! C’est exactement à ce moment là que le film explose et que tout le plaisir du spectateur s’emballe^^

La flamme se ranime, le feeling renaît, et on est à nouveau conquis ! C’est comme au bon vieux temps. Les dialogues drôlissimes, les scènes déjantées, des chorégraphies de baston étonnamment bien réglées et crédibles, des moments cultes, des scènes d’action soutenues et tout à coup des petits détails super touchants qui rappellent sans cesse la dimension humaine des héros le temps d’une larmichette et d’un cœur serré. Tout est là, et tout est jouissif, jusqu’à un dénouement digne d’eux-même qui nous fait sortir de la salle tout sautillant d’excitation.

Au final, hormis quelques petites longueurs par ci par là, et une mise en place qui prend peut-être un peu trop son temps, tous ces petits défauts sont balayés par le plaisir d’un film de passionné, mené tambour battant avec intelligence et talent. Si vous avez aimez Shaun of the Dead et Hot Fuzz, vous ne pourrez que tripper devant Le dernier pub avant la fin du monde.

PS : Attention, je suis pourtant un prêcheur de la bonne parole qui consiste à laisser une chance aux doublages français, mais là, je ne peux me taire : la VF du film est catastrophique et ruine une bonne partie de la spontanéité et de l’efficacité des dialogues. Un film à regarder absolument en VO, donc !

Plumy okL’avis de Plumy :
Très bonne surprise que ce « dernier pub avant la fin du monde » que j’ai trouvé particulièrement touchant à bien des égards. Certes faire de la comédie assortie de moment touchants, c’est un peu la touche du duo, mais dans ce dernier film, j’ai trouvé cette dimension humaine encore plus flagrante. Certainement parce que le sujet me parle ? Pourtant le fait de voir le temps passer et de s’enfermer dans une routine sans se bouger, c’était déjà le thème de Shaun of the dead. Mais cette fois-ci, on a Garry, ce personnage enfermé dans une époque qui n’a pas voulu en sortir, ou qui plutôt à tenté de s’en sortir, en a souffert, et s’est renfermé dedans pour se protéger. Un personnage qui préfère vivre dans ses rêves et ses souvenirs plutôt que de s’enfermer dans une vie monotone et sans éclat.

Énoncé ainsi, c’est assez déprimant, un peu trop réaliste au point d’en être ennuyeux : On approche la trentaine, nos rêves et nos folies de jeunesses sont derrières nous, et les conneries que l’on a fait, se sentant alors rois du monde, c’est bel et bien terminé et on ne le revivra pas. Sauf dans le monde du cinéma où on peut se permettre tous les délires. Je n’en ai aucune preuve mais je me doute bien que dans ces thèmes récurrents (le temps qui passe, les pubs ou l’on se retrouve entre vieux habitués…), les 2 acteurs / auteurs mettent beaucoup d’eux-mêmes et cette humanité me touche beaucoup, parce que je suis hélas le public visé (bientôt 30 ans et tout mon entourage les a passé, les fameux 30 ans) mais aussi et surtout parce que c’est fait sans pathos. C’est enrobé à foison de comédie, de délires surréalistes, de scènes complètements folles, qui n’en rendent que plus touchants les rares moments où les personnages deviennent émotifs. Le final du film sera à l’image des personnages : Complètement saugrenu, bancal, mais plein de vie, imparfait, totalement humain.

Gary est un ado de 40 ans qui vit complètement dans le passé...

Gary est un ado de 40 ans qui vit complètement dans le passé…

Comme souvent je me focalise sur un détail du film, un moment qui aura duré quelques minutes, mais ça avait été le cas dans Shaun of the dead également où j’avais adoré la scène finale. J’adore ces moments tendres et humains subtilement glissé au milieu de la comédie qui sont pour moi le petit truc en plus qui touche au génie et font de ces films plus que de simples comédies mais de vrais chefs-d’œuvre, des films complets qui empruntent à plusieurs registres.

Le sujet ne me plaisait pas – je déteste les histoires d’alcool – la bande de personnages ne m’inspirait pas forcement, mais je n’ai pas calculé, c’était ZE duo, et j’ai bien fait. Ne vous fiez pas à un début volontairement mollasson proche du film d’auteur – oui ok j’abuse, mais j’ai envie – ou du vieux film chiant sur la crise de la quarantaine, et laissez vous entraîner par ce joyeux délire qui emprunte à Dr Who son sens du kitsh et nous offre de nouveau le plaisir d’un duo qui déchire tout ♥

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Classé dans Article par Edward, Film

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