[Film] Epilepsie Critique – 03

Epilepsie03Blockbusters, Nanards, Grands classiques, simples divertissements… un avis flash sur mes visionnages du moment. Au programme aujourd’hui :
Real Steel, Compliance, Le labyrinthe de Pan,
Le Hobbit : la désolation de Smaug, La famille Tenenbaum


Real Steel

rs_1sht_payoff-webDans un futur proche, les sports de combat ont disparu, cédant à une demande de violence brutale toujours plus importante de la part du public qui préfère alors voir s’affronter des robots de combat. Peu de technique, mais des chocs ultra-violents, de la tôle froissée et des robots explosés. Mais quand Charlie et son fils remettent en état un robot chétif d’entraînement, ils décident de se frayer un chemin dans le monde des combats par la technique et le show plutôt que par la force brute.
La notoriété de Hugh Jackman boostée par son rôle de Wolverine au cinéma, additionnée à des robots énormes qui se foutent sur la gueule, comment ne pas s’assurer un minimum de rentabilité pour ce film en jouant la facilité ? Mais le fait est que le résultat ne se contente pas du strict minimum. Jackman et le jeune acteur qui joue son fils créent clairement une empathie envers le film, et le côté shonen de cette histoire de robot fait le reste. Une mise en scène de bonne qualité (hormis quelques ralentis émotion très dispensables sur la fin), des musiques qui donnent la pêche et détournent l’attention d’un scénario assez bateau aux personnages clichés, et ça y est, on est dans l’ambiance, on regarde ces machines se bastonner avec les yeux écarquillés et on se dandine sur son fauteuil.

le gamin est super charismatique

le gamin est super charismatique

Il faut bien sûr passer le cap d’accepter l’irréalisme total du concept d’un point de vue technique : les chocs de tôle sans dégâts définitifs, les robots sonnés en tombant sur le ring ou encore les techniques de pilotage par télécommande, oral ou par mimétisme qui sont évidemment peu logiques et crédibles. Mais à l’inverse, on peut saluer la bonne idée de justifier la subite ascension de ce robot trouvé aux ordures par le fait qu’à force de surenchère dans l’affrontement brut de robots, revenir aux bases de l’instinct humain et de la combativité du pilote permet de tirer son épingle du jeu. Un film objectivement juste correct, mais qui se consomme avec un plaisir non dissimulé et des envies de crier d’encouragement devant son écran ! Atom ! Atom ! Atom !


Compliance

complianceDans un fast-food, à l’heure de pointe, un lieutenant de police appelle la gérante de l’établissement pour lui signaler qu’une plainte vient d’être posée contre une de ses caissières. Le policier ne pouvant se déplacer pour le moment, il va demander à la gérante d’interroger et de fouiller le suspect. Une situation qui devient vite malsaine.
Voilà un film qui nous laisse interrogateur envers soi-même et l’être humain en général. Comme on s’en doute, la situation dérape complètement et l’étrange homme au téléphone fait froid dans le dos. Manipulateur, malsain, mais très bon orateur, on est forcé de s’imaginer dans la même situation. Et même si le réflexe immédiat est de se dire qu’on aurait évidemment mis fin à tout ça bien plus tôt, comme plusieurs des protagonistes, on ne peut qu’être troublé grâce à une mise en scène immersive et pesante, et se dire que les gens faibles et facilement influençables existent, et donc que des situations pareilles ne sont pas aussi irréalistes qu’il n’y paraît de prime abord. Et envisager cette possibilité rappelle la folie de notre société, dans laquelle brandir une autorité permet tous les débordements, à un point tel que la victime elle-même peut finir par accepter son sort. Et ce constat est terrifiant. Compliance est un film qui choque, et qui le fait bien.


Le labyrinthe de Pan

3700301013224Durant la guerre d’Espagne, la jeune Ofelia et sa mère vivent sous les ordres du Capitaine Vidal, chef du campement et beau-père de la demoiselle. Mais à l’écart des horreurs de la guerre et de la tyrannie, Ofélia explore un étrange labyrinthe et y fait la rencontre d’une créature fantastique qui va la mettre à l’épreuve pour devenir la princesse de son Royaume.
« Quoi ? T’as jamais vu le labyrinthe de Pan ?? » J’entends cette exclamation face à ce manque dans ma culture depuis bien longtemps, et maintenant que je l’ai corrigé, je n’en comprends pas vraiment l’engouement. Il est vrai que le film possède de forts atouts : Une mise en scène maîtrisée, une musique enivrante et intense, des acteurs qui jouent parfaitement, et surtout une esthétique générale forte et originale qui lui confère une aura particulière et unique. J’ai cependant plus de mal avec le scénario dont je trouve le déroulement assez facile avec ce principe un peu gratuit des trois épreuves, prétexte à des situations de conte de fées. Et j’espérais plus d’interactions et de sens entre le monde réel et le monde de la magie. Peut-être suis-je passé à côté de la compréhension du film, je ne sais pas, mais toujours est-il que je suis resté avec un sentiment d’inachevé, de manque de sens profond et d’unité du film. Reste une jolie distraction forte en émotion, et aux multiples qualités.


Le Hobbit – La désolation de Smaug

hobbit_la_desolation_de_smaug_poster_afficheBilbon Sacquet accompagne toujours les treize nains par-delà les dangers pour les aider à voler un artefact sous le nez du Dragon qui dort sous la montagne. Mais alors que cette quête des nains pour recouvrir leur honneur perdu passe par mille péripéties, Gandalf enquête sur un Mal bien plus ancien et menaçant qui semble se profiler sous le nom du Nécromancien.
Alors que la déception relative du premier épisode résonnait encore dans ma tête, je m’attendais une fois encore à suivre une nouvelle mouture de scènes issues du seigneur des anneaux. Mais ce second volet aurait au contraire tendance à me réconcilier avec l’œuvre de Peter Jackson. Quelques petits défauts sont récurrents, certes, mais le temps passe beaucoup plus vite alors même que l’histoire se concentre sur moins de situations différentes, mais sur plus d’unité dans la narration. On ne ressent plus le côté rocambolesque de la mise en scène, les personnages ne s’en portent que mieux, et au lieu de se demander d’un œil inquiet où nous emmène Jackson, on voit désormais clairement le chemin qui nous attend.

le face à face entre Smaug et Bilbo est sacrément classe !

le face à face entre Smaug et Bilbo est sacrément classe !

Et ce chemin est rassurant, car concret, intriguant, et bien mené. Les effets spéciaux semblent également moins « informatiques » que dans le premier avec un Smaug charismatique donnant la réplique à un Sacquet toujours aussi parfait. Je suis juste un peu dubitatif sur le personnage de Thoriel et sa pseudo romance avec Kili, ainsi que sur le rôle de Legolas qui ne semble être là que pour faire son beau gosse au style plus dur et badass que d’habitude. Je ne saurais dire de mémoire si le film adapte efficacement les livres ou invente beaucoup, mais si c’est le cas, il le fait bien, car l’ensemble est cohérent. La désolation de Smaug se finit sur un suspense intense, après des scènes d’action réussies, et me donne clairement envie de voir la fin de cette trilogie désormais bien plus prometteuse.


La famille Tenenbaum

familleEnfants au parcours de génies, père égoïste et crapuleux, mère blasée, et voisin envahissant, la grande maison de la famille Tenenbaum vit au rythme des déchirures et autres déceptions. Tous prirent leur propre chemin en grandissant et ce n’est que de nombreuses années plus tard que la famille se réunit à nouveau pour assister aux derniers jours de leur père mourant. Du moins, c’est ce qu’il leur fait croire pour trouver un toit où dormir.
Voilà un film dur à commenter. Les situations sont grotesques, les personnages atypiques et ridicules, et le scénario enchaîne les moments absurdes, mais tout ceci est fait dans la plus grande maîtrise pour témoigner de l’originalité de la famille. Et quand chaque chemin absurde finit par trouver sa place dans l’histoire et avoir du sens, c’est toute l’unité familiale qui semble exister enfin, à sa manière. Excentrique, décalé, mais ils sont bel et bien une famille. Un film touchant qui sort clairement des sentiers battus grâce à de nombreux acteurs de talents se cantonnant à des rôles sur la réserve qu’ils jouent avec précision. Et la mise en scène de Wes Andersen fait des merveilles. Je comprends mieux désormais ce qu’apporte le jeu avec la symétrie dans les images qui fait la marque de fabrique du réalisateur, et c’est assez unique et intelligent pour marquer l’esprit.

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans Article par Edward, Epilepsie Critique, Film, Uncategorized

Un mot à ajouter ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s