[Jeu] DLC Quest

boxart_584_7001icone beurghOu la satyre mal exploitée.

DLC Quest est un jeu minimaliste basant tout son intérêt dans un simple concept : se jouer avec humour du principe largement répandu ces dernières années de DLC, en en grossissant les traits jusqu’à en être absurde… et à part quelques petits moments par-ci par-là, DLC Quest n’y arrive pas.

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Je suis pourtant clairement le public ciblé. Aimant l’humour et la satyre, je passe beaucoup de temps à analyser et comprendre les schémas de fonctionnement du gameplay, de la logique, du marquetting, et de l’industrie du jeu vidéo en général. Je suis un passionné qui aime comprendre pourquoi un jeu me plaît ou non, alors je gratte et j’explore tous les aspects d’un jeu pour en cerner les rouages, ou du moins ce que j’arrive à en percevoir par mon regard d’amateur passionné.

Je crois qu'on peut dire que les graphismes sont minimalistes... ^^"

Je crois qu’on peut dire que les graphismes sont minimalistes… ^^ »

J’ai donc allumé DLC Quest avec le plus vif intérêt… et 5 secondes après, j’étais déjà refroidi.

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Quelle maladresse ou mauvaise raison a poussé le concepteur de ce jeu a placer avant même le titre du jeu, un écriteau précisant noir sur blanc que ce jeu est une satyre, que les DLC ne sont qu’achetées avec de l’argent fictif et qu’il ne faut donc pas s’inquiéter… ? C’est stupide et ça casse toute l’engouement ! Déjà parce que c’est évident que le jeu ne va pas nous demander du vrai argent (encore que un vrai DLC foutage de gueule à la fin du jeu pour tester la naïveté et la curiosité du joueur aurait pu être une expérience très intéressante!), mais surtout parce qu’on annonce pas une satyre, on la joue et on espère atteindre son but, c’est ça tout le sel de ce style d’humour. Rester sur le fil pour osciller entre politiquement correct et dénonciateur quitte à faire grincer. Là, ils annoncent clairement que le message du jeu sera fade et gentillet… et c’est ce qu’il est. Aseptisé et sans vigueur.

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Certains DLC sont volontairement très futiles... comme souvent dans les DLC.

Certains DLC sont volontairement très futiles… comme souvent dans les DLC.

Pas de piques balancées à la face des distributeurs avides, pas de questionnement soulevé qui pourrait remettre en question l’industrie du jeu vidéo ou bien juste certains de ces mécanismes. Certains textes tenteront bien de vous faire la morale en vous signalant d’une petite tape sur l’épaule que « hé, c’est vrai quand on y pense, que les DLC abusent un peu de nos jours, et que ça va dans la poche des capitalistes », mais le message est tellement plat et sans conviction. On se croirait dans un Call of Duty où on vous rappelle le temps d’une cinématique gnangnan que la guerre, c’est mal, avant de retourner buter des Russes à coup de M-60.

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Bon, omettons le message (et donc le majeur intérêt) de ce jeu. Un peu d’humour gentillet viendra tout de même faire sourire le joueur le temps d’un texte parodique des poncifs du jeu vidéo, ou d’une situation de gameplay tournée en dérision (le scénario volontairement prétexte est de sauver la princesse MacGuffin, par exemple), mais l’ensemble est tellement amateur que le soufflé ne fait pas que retomber, il n’a même jamais le temps de dépasser les bords du moule…

Quand un inconnu vous demande de l'aider, la réponse est parodique... sauf qu'on ne fait que ça tout le restant du jeu sans rechigner, donc la parodie se tire elle-même une balle dans le pied.

Quand un inconnu vous demande de l’aider, la réponse est parodique… sauf qu’on ne fait que ça tout le restant du jeu sans rechigner, donc la parodie se tire elle-même une balle dans le pied.

Tous les dialogues arborent un manque de finesse et d’inspiration flagrante. On sent bien qu’il y a une idée derrière, et on entrevoit même quel aurait pu être le gag, et on se dit que c’était assez bien vu dans le fond (parfois, seulement…), mais il faut vraiment extrapoler et faire marcher son imagination pour cela. En fait, on dirait un discours d’adolescent qui commence à voir les soucis du jeu vidéo et essaie de vanner dessus, mais sans vraiment savoir de quoi il parle. Alors que j’attendais une vision de joueur expérimentée, travaillée et documentée pour traiter la thématique efficacement et en sortir une analyse induite pertinente. Mais non, on en reste aux vannées basiques de cours d’école.

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De cette façon, certains pans entiers de l’aspect parodique poussé à l’extrême sont survolés et auraient mérité bien plus de détails. Deux ou trois DLC permettent en quelques minutes d’avoir le gameplay de base de n’importe quel jeu de plate-forme, alors que c’est précisément là qu’il fallait faire durer l’absurde. Devoir évoluer plusieurs minutes avec la simple possibilité de marcher vers la droite, et ne développer ces possibilités que lentement pour bien faire réaliser au joueur que chaque base qui nous semble évidente est une part de gameplay à part entière, voilà quel était le challenge du jeu ! Mais pour cela, il aurait fallu un véritable talent en terme de level-design, ce qui ne semble pas être le cas du concepteur de jeu, au vu de la monotonie des décors et de son aspect archi-basique.

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Lui, c'est le gentil, lui, c'est le méchant, et elle, c'est la Princesse. Et un scénario, un !^^

Lui, c’est le gentil, lui, c’est le méchant, et elle, c’est la Princesse. Et un scénario, un !^^

Au lieu de ça, on se retrouve dans la situation insipide de faire des allers-retours dans le tableau à la recherche de DLC nous débloquant de nouvelles portions à explorer. Sauf que ces DLC sont une épée, une pioche, ou d’autres items classiques du genre. Et c’est une preuve accablante que le sujet même du jeu n’est pas exploité, car la thématique du DLC n’est même plus d’actualité. Ouvrir un monde par l’achat d’items est la base même de tous les jeux Zelda-like depuis 30 ans ! Ça n’a rien à voir avec les DLC ! Le manque d’inspiration a poussé les créateurs à bâcler les aspects intéressants du concept, et à le faire partir sur des routes qui n’ont pas d’intérêt et de raison d’être.

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Privé de son intérêt satyrique et humoristique, il ne reste donc à DLC Quest que les attraits d’un jeu de plate-forme banal, au design assez moche, à la musique correcte mais sans plus, au level-design ennuyeux et à la jouabilité vue et revue. Autant dire que c’est bien insuffisant. Un jeu vidéo n’a pas besoin d’avoir une réalisation superbe pour être pertinent, mais pour cela, il faut que le fond suive. Quand un jeu n’a ni le fond ni la forme, il ne vaut même pas les 3€ auxquels il est vendu.

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Classé dans Article par Edward, Jeu Vidéo

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