[Film] Don Jon

21058781_20131118171447215icone MouuaisJon est un homme beau, costaud et très fier de son corps, qui organise sa vie sociale entre soirées entre potes pour mater les filles, et en ramener une pour un plan baise. Mais malgré ces plaisirs de chair quotidiens, il ne prend de réel plaisir que dans le visionnage de films pornos. Et quand il tombe amoureux et que sa vie de couple commence à se concrétiser, ce plaisir solitaire s’avère ne pas être du goût de la demoiselle et les choses vont se compliquer.

la famille de Jon est à la fois détestable et presque touchante dans leur côté primaire

la famille de Jon est à la fois détestable et presque touchante dans leur côté primaire

J’ai du mal à apprécier ce film. Certes, il faut le prendre comme un premier film, celui de Joseph Gordon-Lewitt en tant que réalisateur. Et de ce point de vue, c’est plutôt correct, car un tel pitch aurait très facilement pu tourner dans l’humour teenager à la American Pie qui est certes efficace, mais plutôt basique et peu réfléchi. Et ce n’est pas le cas, Don Jon n’est pas un film comique, mais une réflexion sur le porno et la vie d’un célibataire vis-à-vis de ce hobby. C’est donc un bon point, mais aussi sa principale faiblesse.

Quitte à baser un film sur cette thématique, j’aurais aimé voir une vraie réflexion poussée, et non pas une thèse – antithèse – synthèse basique à la morale manichéenne et sans demi-mesure. image_134f8Jon aime regarder des pornos ? Alors il en regarde des dizaines par jour. Barbara, sa nouvelle copine n’aime pas le porno ? Alors elle va en parler avec un air dégoûté, et sans la moindre construction ou tentative de compréhension. Le troisième personnage qui arrivera dans l’histoire à ce moment là pourrait être celui qui saura voir posément les deux points de vue et apporter un équilibre ? Non, elle en parlera posément, mais uniquement pour amener à une conclusion prévisible et gentiment moralisatrice : le porno, ça vaut pas le vrai partage sexuel avec une autre personne.

La femme qui pleure, jouée par Julianne Moore, promet un développement plus intéressant qu'il ne l'est au final, malheureusement.

La femme qui pleure, jouée par Julianne Moore, promet un développement plus intéressant qu’il ne l’est au final, malheureusement.

Noooon, c’est vrai ? Heureusement qu’ils étaient là pour nous expliquer ça parce que sinon, on l’aurait pas deviné. Et donc à part cette conclusion un peu naze, il n’y a a pas grand chose à se mettre sous la dent. Pas de réflexion sur le porno en lui-même, pas d’analyse sur l’addiction, sur le rapport à la femme, sur l’objectification de ces dernières, ou juste un traitement de la masturbation dans le couple, des fantasmes, de la gestion de la libido, etc… tellement de thèmes qui ne sont pas abordés ou juste survolés. Résultat, je ressors de ce visionnage avec la même impression désagréable qu’un reportage TF1 sur les jeux vidéo, avec un ressenti blasé face à ces poncifs faciles et cette généralisation habituelle : si vous en êtes, même un peu, vous êtes forcément addict et c’est mal. Point final, pas de discussion.

Et c’est bien dommage, parce que les personnages sont intéressants dans leur construction et leur jeu d’acteur. Ils sont souvent antipathiques, ce qui les rend très réels, ils sont bien interprétés, et quelques thématiques sont filmées avec intelligence, malgré quelques maladresses. Mais la simplicité du propos gâche vraiment l’ensemble et en fait un film très dispensable.

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Classé dans Article par Edward, Film

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