[Jeu] Resident Evil 6

ResidentEvil6_360_Jaquette_001icone beurghResident Evil… voilà une licence qui pourrait presque jouer les challengers avec Call of Duty tant elle est à la fois adulée et détestée. La première moitié aime tuer du zombie, retrouver ses personnages fétiches et ses scènes cultes, et l’autre moitié dénigre toute l’orientation action qu’à prise la série depuis le second opus… Et si Resident Evil 4 avait globalement emballé les foules, ce n’était pas vraiment le cas du 5 à cause en grande partie d’une jouabilité aberrante dans les gunfights. Mais malgré cette erreur, j’ai plutôt apprécié ce volet. C’est donc sans trop de crainte que j’ai lancé ce Resident Evil 6 qui fût descendu par la critique, en me disant qu’après tout, bah, ils disent ça à chaque fois… ha ha… naïf que je suis !

image choc du face à face entre les deux figures emblématiques masculines de la série !

image choc du face à face entre les deux figures emblématiques masculines de la série !

5 minutes… c’est grosso modo le temps qu’il m’a fallu pour abandonner tout espoir face à cette chose innommable à laquelle je tentais tant bien que mal de jouer. Impossible d’être exhaustif, et dur d’être tout simplement constructif devant cette avalanche de soucis, je vais donc vous rendre ça un peu pêle-mêle. Le jeu se divisant en 4 histoires qui s’entrecroisent, j’ai décidé de commencer avec Léon, un personnage que j’avais adoré dans RE2 et RE4 !

Situons un peu la chose avant tout. Dans les jeux comme dans les films, il y a du bon et du mauvais, mais le cinéma a inventé une curiosité : le nanard ! Un film assez volontairement mauvais pour être parodique et donc drôle. Désormais le jeu vidéo a son nanard. Pourquoi ? Rah je sais pas par où commencer… allez, je vais tout simplement vous spoiler (pour ce que ça vaut sur un jeu pareil…) en strip le scénario de l’aventure de Leon :

stripRE6

la majeure partie se passera dans une ville illuminée de Chine.

la majeure partie se passera dans une ville illuminée de Chine.

Voilà… Dès lors et avant même d’énumérer les autres soucis, on est tantôt en train de rire jaune face à un tel niveau de WTF, tantôt dégouté que le charsimatique Leon soit utilisé dans un jeu pareil… C’est comme si tout le jeu avait été fait par des enfants à qui on avait dit « tenez, voilà de l’argent, un background et vous vous amusez comme vous voulez avec ! Aucun savoir-faire, aucune intelligence, aucun espoir… on ne peut que subire… en souffrant. Car même en temps que nanard, le jeu ne fonctionne pas, car tout début de plaisir est gâché par une quantité astronomique de défauts de gameplay.

Parlons d’abord de l’aspect arcade. Comme je le disais en intro, ça fait longtemps que Resident Evil n’est plus un jeu d’horreur mais bel et bien un univers propice à défoncer des monstres, mais on peut faire cela tout en conservant un minimum d’ambiance ! (comme dans RE4) Ici, la musique n’est qu’action, les situations sont des enchaînements absurdes de blockbusters, même les QTE sont poussifs, mal fichus et auréolés de bruitages clinquants ! Il ne manque qu’une grosse voix qui crierait « awesome ! » quand on fait éclater une tête… Impossible de prendre quoi que ce soit au sérieux, et même si on y arrivait, tout serait ruiné par la mise en scène.

la surenchère, toujours la surenchère...  dans RE7, un zombie aussi gros qu'une planète va essayer de manger la Terre, je pense...

la surenchère, toujours la surenchère… dans RE7, un zombie aussi gros qu’une planète va essayer de manger la Terre, je pense…

Dans quelle école de réalisation apprend-on à faire entrer les personnages dans une pièce, à zoomer avec la caméra sur une grille, à la faire tomber, puis à dézoomer, et enfin à faire crier le personnage de surprise ? Ça ne peut juste pas fonctionner !! Et toute tentative d’émotion des personnages est effacée par des changements de caméra pour faire continuer l’action envers et contre tout.

Même dans le gameplay, l’action ruine l’ambiance. Le plus grand plaisir dans un jeu de zombie est évidemment de faire un headshot bien placé et de voir la tête du zombie exploser et le tuer net. Eh ben non ! A force de jouer avec les mutations de leurs créatures et vouloir surenchérir, le zombie de base n’existe quasiment plus. 6 ou 7 balles en pleine tête devront parfois être nécessaire à tuer ce foutu mort-vivant de base, et impossible de prendre autant de temps avec chacun des zombies. On doit donc se contenter de mitrailler dans la masse comme un bourrin pour un résultat minimum… Et en plus, la majorité des zombie se verra muter au fur et à mesure des impacts, ponctuant l’ensemble de frames d’invincibilité agaçantes, quand il ne va carrément pas se cristalliser à la mort pour ensuite éclore en autre chose.

les scènes en moto, voiture ou jet-ski varient un peu... mais avec une jouabilité pareille, on s'en serait bien passé !

les scènes en moto, voiture ou jet-ski varient un peu… mais avec une jouabilité pareille, on s’en serait bien passé !

Et le pire c’est que la jouabilité typée action ne suit pas non plus ! Les roulades et autre tir au sol sont censés dynamiser, mais sont tellement inutiles qu’on passe plus de temps à pester qu’autre chose à chaque fois qu’on se retrouve au sol sans faire exprès. Et comment ne pas attribuer une touche aux grenades ? Non, ils préfèrent que le joueur doive sélectionner la grenade avec la touche directionnelle puis seulement après viser et l’envoyer… et utiliser la gâchette pour afficher l’objectif en plus gros à l’écran… aberrant, là encore !

Une idée de gameplay pouvait être sympathique sur le papier, à savoir le fait qu’un joueur lambda d’internet puisse rejoindre notre partie solo et incarner un ennemi pour tenter de nous bouffer. Pas con. Sauf que dans la pratique, on se retrouve avec des zombies jouant à cache-cache de façon archi pas naturelle pour un zombie, ce qui décrédibilise, crée des pics de difficulté bien chiants, et crée une floppée de bugs, comme la possibilité de se faire bouffer par l’ennemi PENDANT une cinématique ! Si si, ça m’est arrivé deux fois !

au fil des histoires, les personnages se croisent... notamment le temps d'affronter un boss ou deux, et ça, c'est sympa, j'avoue.

au fil des histoires, les personnages se croisent… notamment le temps d’affronter un boss ou deux, et ça, c’est sympa, j’avoue.

Et quand ce n’est pas un autre joueur, c’est l’IA du coéquipier qui fout la merde, un grand classique. Un passage a failli me laisser chauve à force de m’arracher les cheveux, car mon coéquipier mettait à chaque appel 20 secondes à trouver le chemin de la porte que l’on ne pouvait qu’ouvrir à deux, et ce dans une cour où les ennemis spawn à l’infini ! Aberrant… encore…

Jouabilité plutôt ratée, donc même si plus nerveuse que RE5, et surtout cette histoire bon sang… 3h de jeu et je suis toujours en train de suivre Héléna sans savoir pourquoi, et ce alors qu’elle a aidé à infecter le président ! Et pourquoi je la suis ? Parce qu’elle me dit qu’elle n’a pas le temps de m’expliquer, et que je comprendrai en arrivant… et vas-y qu’on passe par des dizaines de lieux différents, avec plusieurs passages à l’abri, et que je repose la question, et qu’elle dit qu’on a pas le temps… Léon devient en 3 heures un héros pathétique et ridicule qui se fait mener par le bout du nez. Et qui s’en voit remettre une couche à l’arrivée d’Ada dans l’histoire, dont il est amoureux. Alors qu’elle tue des dizaines de personnes devant lui ! Alors oui, on aura des raisons à tout cela à la 4ème histoire, mais ça, Léon n’en sait rien, il reste donc juste stupide de faire confiance aussi aveuglément !

T'as pas une gueule de porte-bonheur... heureusement, il peut se rendre invisible, logique...

T’as pas une gueule de porte-bonheur… heureusement, il peut se rendre invisible, logique…

Et puis des petits détails… Dans un lieu qui s’écroule, le héros va de temps en temps être déstabilisé et trébucher… sympa. Sauf que cette feature fonctionne également pendant une course sur un escalier en train de s’écrouler. C’est censé être une course haletante et effrénée, comment se sentir investi quand le personnage arrête sa courses pour faire des moulinets avec les bras tous les trois mètres ? Bon sang, les concepteurs, Uncharted a posé des bases parfaites depuis plus de 5 ans, on a plus le droit de faire des erreurs pareilles de nos jours ? Ou alors c’est que vous testez pas votre jeu après l’avoir conçu pour voir si l’ensemble tient la route ?

Je ne reviendrai pas sur le bestiaire qui joue la surenchère à un tel point que ça en devient stupide… un tyrannosaure zombie et une mouche à merde, sérieux… Ah si, je vais quand même dire un mot sur la sexualisation. Parce que bon, autant, je suis prêt à passer outre la posture débile dans laquelle les femmes rampent dans les conduits pour montrer leur cul au joueur mâle pré-pubère, autant le cas de la sœur d’Héléna ne passe pas.

Et vas-y que je me caresse en mimant l'orgasme tout en essayant d'étriper ma soeur malgré moi... A moins que la zombification fasse croitre la libido, après tout, je suis mauvaise langue...

Et vas-y que je me caresse en mimant l’orgasme tout en essayant d’étriper ma soeur malgré moi… A moins que la zombification fasse croitre la libido, après tout, je suis mauvaise langue…

Et pourtant, je me laisse facilement aller à apprécier un personnage à la plastique avantageuse. Je sais que c’est pas top, mais j’avoue, je me voile souvent la face sur mes convictions et je mate, comme tout le monde. Mais ça ne marche que pour une femme badass ou méchante qui se la joue provocante ou sensuelle car jouant de ses charmes. Ici, nous avons une femme qui a été enlevée, torturée, que l’on a infectée avec un virus et qui se retrouve à se transformer en créature mutante à tentacule tout en luttant de l’intérieur pour se contenir. Elle hurle, elle a mal, elle a peur ! Alors pourquoi se met-elle soudainement à se caresser tout le corps dans un mouvement lascif et jouissif en nous regardant, avant de se remettre à hurler ? Juste parce qu’elle est à poil et dégoulinante de matière visqueuse, alors autant en profiter ? No way ! C’est déplacé, insultant et dégradant ! Et ça ne stimule même pas une quelconque libido tellement le moment ne s’y prête pas !…

Sherry et Jake sont de très bons éléments charismatiques pour prendre un peu la relève de Chris et Leon...

Sherry et Jake sont de très bons éléments charismatiques pour prendre un peu la relève de Chris et Leon…

Oh, et une dernière chose pour en finir avec l’histoire de Léon. Quand on choisit de faire 20 minutes de jeu, puis la suite en flashback pour comprendre comment on en est arrivé là, on oblige pas le joueur à se retaper lesdites 20 minutes, on fait un montage une fois le moment venu ! Une cinématique de quelques secondes pour signifier qu’on a bouclé la boucle et basta, ça aussi, c’est une base de la mise en scène…

Enfin bref, comme vous le voyez, cette première aventure m’a laissé dans un état d’agacement, de rire jaune nerveux, et de désespoir assez profond qui ne me motivait guère à faire les 3 autres histoires. Je vais donc faire très très court pour la suite.

L’histoire de Chris et Piers est bien plus basique et ne se perd pas dans les mêmes délires. C’est militaire, c’est carré, c’est testostéronné. Basique, certes, mais au moins, on évite trop d’égarements. Je dirais même que du coup, on se fait presque surprendre un peu par les dernières scènes qui jouent un peu la carte du drame et de l’amitié virile. Piers s’avère bien plus sincère et sympathique que le bourru Chris aveuglé par la vengeance. Une aventure assez banale mais correcte, donc.

Quelques passages où l'on doit s'échapper après une captivité obligent à avancer sans arme létale, ce qui change un peu l'ambiance et le gampelay, et ça fait plaisir.

Quelques passages où l’on doit s’échapper après une captivité obligent à avancer sans arme létale, ce qui change un peu l’ambiance et le gampelay, et ça fait plaisir.

Vient ensuite l’histoire de Sherry (qui bizarrement prend le nom de « histoire de Jake », le coéquipier… bah, le fait que ce soit un homme est sûrement une coïncidence…) Et voilà bien la meilleure histoire du jeu. Ces deux personnages sont frais, agréables, sonnent justes et proposent enfin une bonne dose de plaisir. Les défauts de jouabilité sont évidemment toujours là, mais après 10h de jeu, on commence à savoir composer avec, et on peut un peu plus se concentrer sur ce duo sympathique. J’ai passé un très bon moment avec eux.

Et enfin, l’histoire d’Ada, qui nous fait côtoyer très souvent les trois précédents groupes de héros, mais de façon silencieuse et furtive. Chris et Piers mitraillent des zombies ? Ada les regarde en se faufilant dans les conduits au-dessus d’eux. Leon ou Sherry sont en mauvaise posture ? Ada snipe de loin là où ça fait mal pour leur donner un coup de main anonyme. C’est donc une aventure de l’ombre qui change d’ambiance et permet enfin d’aborder l’univers avec un peu plus de calme, ce qui n’est pas désagréable. Mais les motivations d’Ada sont vraiment trop superficielles et mal tournées pour que l’investissement fonctionne jusqu’au bout.

Bon sang, des expériences louches !... ah oui, comme d'hab, en fait...

Bon sang, des expériences louches !… ah oui, comme d’hab, en fait…

Et ce, sans même tiquer sur le fait qu’elle ouvre des portes à reconnaissance d’empreintes avec des gants (dans des cinématiques, en plus, y’a même pas l’excuse du jeu ingame), où encore qu’elle nous fasse une sortie de scaphandre complètement à poil… en mission d’infiltration dans une base inconnue, elle arrive à poil… une combi super moulante, okay, admettons, mais pas à poil…

Mais tout ceci est du passé. J’ai fini RE6 et je ne compte pas y retoucher. Car si Sherry et Jake, et même Ada globalement, ont réussi à me faire passer d’agréables moments, ils ne suffisent pas à contrebalancer la liste gigantesque de défauts qui détruisent toute qualité au soft. Et si un début d’élan de sympathie avait fini par naître, il fût totalement anéanti en découvrant l’impossibilité de sauvegarder durant un chapitre ! Et ce alors même que le bug est connu un peu partout sur le net depuis la sortie du jeu il y a plus d’un an. Un bug pareil, et pas un développeur n’a pris la peine de fournir un patch ? Allez, pas de pitié pour les développeurs, ce jeu ne vaut pas une thune, et surtout pas une vingtaine d’heures de votre vie. Fuyez, pauvres fous !

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Classé dans Article par Edward, Jeu Vidéo

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