Novembre 2014, mon « mois Ghibli »

Novembre 2014 est définitivement le « mois Ghibli ». Après avoir visité l’exposition des layers au musée des arts ludiques (j’y reviens après), j’ai appris la diffusion du film Yume to kyôki no ôkoku, traduit par The Kingdom of Dreams and Madness pour l’ouverture du 9eme festival du film japonais contemporain. Je m’y suis donc rendue en bonne compagnie après ma journée de travail.

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Qualifier ce film de reportage n’est pas lui faire honneur. C’est une incursion dans la vie de Miyazaki et de son entourage, le studio Ghibli.
Miya-san dit que Ghibli n’est qu’un nom qu’il a choisi parce que c’était le nom d’un avion. Mais nous savons bien que Ghibli est plus qu’un nom. Plutôt un emblème qui réuni des personnes pensant de la même manière.

Le film m’a beaucoup ému, sans que je puisse expliquer précisément pourquoi. Je suis très facilement émue, il faut dire. Mais il y a un petit quelque chose, dans la nonchalance avec laquelle ce film est filmé et mis en scène, associé à des propos parfois obscurs parfois profonds, qui est profondément Ghibliesque dans son essence. Le film est à l’image de son créateur.

Le film s’articule autour de la création du dernier film de MIyazaki, « le vent se lève ». On y voit les travaux préparatoires, la fameuse manière de travailler directement sur le story board de Miyazaki. On peut entendre ses assistants, évoquer la difficulté de travailler avec lui sans se faire aspirer toute son essence vitale, parce qu’il exige le meilleur des plus talentueux. On les voit également se lever, tel des enfants appliqués, pour effectuer la gymnastique matinale diffusée à la radio. « Travailler ici, c’est plutôt comme une école, c’est amusant » confit l’une d’elles.

Le studio est à l’image du studio, et pourrait être le décor d’un des films. Boisé, comfy, avec cette touche occidentale si particulière que l’on retrouve dans les films du studio. La nature est également à l’honneur, filmé avec lenteur dans des plans qui n’ont rien à voir avec les propos énoncés, mais Miya-san aura interpellée la cameraman pour le lui montrer, alors, filmons. Le soleil filtre à travers les feuilles des arbres, les rendant translucides. On peut entendre le cigales chanter. Miya-san finit sa cigarette, il va être temps de rentrer.
Ce n’est pas un film fait pour montrer la réalité de la création d’un film d’animation et les soucis inhérent, mais bien un film sur Miyazaki et ses compères du studio Ghibli. Sur leur mentalité et leur façon de voir le monde. On rigole du retard de Takahata qui « n’a pas l’air de vouloir finir son film ». On voit le responsable juridique en costard brosser le chat du studio. Des images d’il y a 20 ans montre le passé de ces hommes qui continuent à faire vivre leur idéal.

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Miyazaki est à la fois un grand enthousiaste et un grand pessimiste, cela se ressent dans ce film. Ses propos peuvent être très sombre. Il s’inquiète de l’avenir de son pays, il mentionne Fukushima. Il évoque la mort en riant. Il pense que le studio disparaitra après sa mort. A titre personnel, je le pense aussi. A moins qu’un successeur ne se révèle, qui sais. Mais cette mentalité particulière du studio Ghibli, ou le doubleur d’un personnage est décidé suite à un jeu de mot, ou au dernier moment Miyazaki rajoute une syllabe, une seule, qui change la finalité de son film… Cette  mentalité particulière, de film vivant dans sa tête et créé au jour le jour, celle-la ne pourra certainement pas être reproduite par un autre, pas plus que la vision du monde particulière et unique de cet homme.

Ce film m’a permit d’appréhender (enfin !) l’importance de Toshio Suzuki au sein du studio Ghibli, nom que j’avais tendance à oublier.

Je suis vraiment très contente d’avoir été voir ce film et je me le procurerais certainement en Dvd pour le revisionner.

Après avoir vu ce film, j’ai eut l’envie assez logique de relire le livre « Le studio Ghibli, travailler en s’amusant » édités aux éditions Kana, dans lequel Toshio Suzuki va d’anecdote en anecdote, retraçant des périodes du studio. On retrouve dans ce petit livre un esprit similaire à celui du film, et certains points tout justes effleurés dans le film sont approfondis dans le livre.

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De le relire juste après avoir vu le film m’a permis de mettre un visage sur les noms et de mieux comprendre ce que je lisais. J’avais déjà un bon souvenir de ce livre, mais la je l’ai encore plus apprécié.  Si vous ne l’avez jamais lu, je vous le recommande chaudement !

Pour en revenir à l’exposition du musée des arts ludiques : Cette exposition à lieu jusqu’au 1er mars 2015 et je ne peux que chaudement vous encourager à aller y faire un tour si vous aimez le studio Ghibli et l’animation.

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Environ 1300 layouts des films Ghibli sont exposés au musée des arts ludiques. C’est une 1ere en France et même une 1ere mondiale puisque c’est la 1ere fois que ces layouts sortent du japon où ils ont été exposés 14 fois.

On en prend plein les yeux, par contre audiobook indispensable pour pleinement apprécier l’expo : Plusieurs scènes de chaque film sont commentées, avec la musique du film qui remet bien dans l’ambiance. Régulièrement, les annotations faites directement sur les layouts, témoins des notes de services entre les différents intervenants, sont traduites et nous donnent des petites anecdotes très sympa à découvrir (Demande de corrections, explications sur ce qu’on veut faire etc). Sans l’audiobook, vous risquez de vite vous lasser, c’est beau mais voila quoi vv; Ce qui serait bien triste vu les trésors auxquels on a accès.
On en apprend au passage sur le fonctionnement de l’animation traditionnel si on ne connait pas déjà un peu.

On ne peut pas faire de photo... Sauf à l’extérieur. J'en ait donc profité.

On ne peut pas faire de photo… Sauf à l’extérieur. J’en ait donc profité.

L’exposition est très sobre : Couloirs noirs et layouts encadrés, parfois des courtes séquences d’animation qui tournent en boucle accompagnées de leur layout originel, 2 ou 3 vidéos de type interview de Miyazaki et compères. Une salle « reproduit » très sobrement un décor d’un des films, je ne vous dit pas et vous laisse la surprise !
A la fin de l’expo un petit stand à photo permet d’être pris en photo dans un décor du voyage de Chihiro en layout, mais je ne l’ai pas fait, car j’avais essayé lors de l’expo Marvel et le rendu était vraiment dégueu ! Mais bon c’est gadget accessoire quoi.

On peut brancher un casque ou des oreillettes sur l’audiobook, chose que je vous recommande de faire pour vous reposer l’épaule et bien profiter de l’expo. Je vous recommande également de venir assez tôt pour éviter la foule et mieux profiter de l’exposition (avant 14h donc)

A noter que le livre de l’exposition mis en vente est épais, extrêmement fournis, et très accessible (35€) . Il contient une grosse partie des layouts présentés que l’on peut ainsi emporter chez soi. La cerise sur le gâteau qui fait plaisir.

Pour en savoir plus : [link]

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Classé dans Animation, Article par Plumy

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