[Jeu] Soldats Inconnus – Mémoires de la Grande Guerre

soldats-inconnus-memoires-de-la-grande-guerre-playstation-3-ps3-1400058403-017icone Woooh !!Eh ben… après avoir pesté sur les jeux Ubi sans scénario, voilà un petit bijou de narration et d’émotion qui fait chaud au cœur. Le genre de jeu qui vous rappelle, au cas où vous ayez un doute, que ce média est fait pour raconter de belles et grandes histoires.

Première guerre mondiale, la plus meurtrière et la moins contée dans le jeu vidéo, principalement à cause de sa nature très en longueur. Une guerre de retranchements, de patience, d’usure. Une guerre à dimension affreusement humaine, en fait. En faire un gameplay est délicat, mais en faire une histoire est idéal. Et c’est dans cette voie que les petits gars de Ubisoft Montpellier se sont lancés.

Les dialogues sont oralements de simples baragouinages où seuls certains mots sont compréhensibles, et sont traduits à l'écrit par quelques dessins évocateurs. Compréhensible et plein de charme.

Les dialogues sont oralement de simples baragouinages où seuls certains mots sont compréhensibles, et sont traduits à l’écrit par quelques dessins évocateurs. Clair, simple et plein de charme.

Non pas que le gameplay soit raté ou survolé, loin de là. Ils ont juste judicieusement choisi la simplicité. Une vue de profil, un bouton d’action, un bouton pour taper, et un joystick pour se déplacer. Ajoutez la possibilité de lancer quelques objets et de donner un ou deux ordres, et vous avez la totalité des possibilités du jeu. Et c’est amplement suffisant quand on fait la part belle à un level design aux petits oignons qui renouvèle sans cesse l’intérêt par des énigmes, certes, mais aussi de l’action, d’une certaine façon, du suspense, des scènes réellement haletantes, et même quelques courses poursuites. Simple, et terriblement efficace, car accessible à tout le monde et jamais frustrant.

Chaque personnage a une spécificité de base : l'un a des cisailles pour couper les barbelés, l'autre une grande cuillère à potage pour creuser, etc... le reste, il faudra le ramasser.

Chaque personnage a une spécificité de base : l’un a des cisailles pour couper les barbelés, l’autre une grande cuillère à potage pour creuser, etc… le reste, il faudra le ramasser.

Et cette jouabilité simple et agréable nous permet de ne jamais ressortir de l’ambiance magnifique du titre. Le design au style BD franco-belge peut faire croire à de l’enfantin, mais attention, ce n’est clairement pas pour les enfants. Non pas qu’il y ait du gore en soi (pas une goutte de sang n’est visible), mais parce que le jeu aborde sans détour et avec beaucoup d’intimité tous les thèmes les plus durs de la guerre. Les morts, les sacrifices, les pertes d’amis, de famille, les blessés, les séparations, l’éloignement, le désespoir. Beaucoup de passages tristes donc en voyant ses amis tomber devant soi pour nous aider à nous en sortir, ou quand on doit amputer un soldat pour lui sauver la vie, ou tout simplement en constatant l’absurdité des assauts suicidaires. On ne sait même plus pourquoi on se bat et pourquoi on risque sa vie.

Les scènes de course-poursuite au rythme de la musique sont super trippantes !

Les scènes de course-poursuite au rythme de la musique sont super trippantes !

Les points de vue changeront durant l’aventure en incarnant tour à tour Emile, le vieux porte-drapeau toujours au front ; Karl, son gendre allemand réquisitionné par le camp opposé ; Freddy, le meilleur ami Américain rencontré sur le champ de bataille ; ou encore Anna, la jeune infirmière belge tentant de sauver un maximum de vie, qu’importe le camp. Ou encore Walt, le chien secouriste qui est la vraie star de cette épopée dont il est le narrateur ! Toujours là, toujours fidèle, il nous sauvera la vie tellement de fois ! Bon chien, va !

Les ambiances posées par les décors et le style cartoon marchent à merveille.

Les ambiances posées par les décors et le style cartoon marchent à merveille, et font souvent penser, entre la douce musique et la voix off rauque, à du Amélie Poulain.

Et c’est grâce à la multiplicité de ces points de vue que tout manichéisme est évité. Entre deux fusillades, si un Allemand et un Français se retrouvent face à la mort, ils s’aideront, et tant pis si c’est pour s’affronter à nouveau une fois sauvés. Les seuls vrais « méchants » montrés du doigt sont au final les officiers, de toutes les nations en guerre. Ces hommes qui ont envoyés des centaines de milliers de gens à l’abattoir pour gagner quelques mètres sur le front. Ils incarnent les méchants car nous jouons du point de vue du petit peuple, et ces décisions vont vite nous paraitre écœurantes et révoltantes. La guerre dans son aspect le plus ignoble et insoutenable. De plus, de nombreux objets à collecter donnent accès à une anecdote réelle de la première guerre mondiale, histoire d’ancrer encore plus le récit dans la réalité.

Et parmi toute cette tristesse, à l’instar de nos avatars, on s’accroche au moindre soupçon de bonheur, au moindre espoir qui brille au loin. Et chaque petite victoire est une allégresse sans nom. Soldats Inconnus rend triste et fait même pleurer, mais il fait aussi sourire face à la vie, et donne envie de profiter de chaque instants, comme un trésor pour lequel des inconnus se sont battus. Un très très bon moment de jeu vidéo.

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Classé dans Article par Edward, Jeu Vidéo

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