[Jeu] Burial at Sea – DLC Le Tombeau sous-marin

BSIDLC-Burial_at_Sea_Episode_One_KeyArticone yeaahAprès la déception que fut Bioshock Infinite à mes yeux pour des raisons de gameplay mou du genou, de level design peu inspiré et surtout d’univers manquant franchement d’enjeux et d’immersion (voir mon article pour plus de détails), j’avais énormément de réserve sur ce DLC. Revenir à Rapture est un kiff évident, mais au-delà de ça, ce DLC n’est-il que du pur fan service pour vendre un peu de contenu supplémentaire ou bien est-ce une occasion de finir sur une touche plus positive cette trilogie ?

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Première partie.

Ambiance très polar noir des années 60 au rendez-vous.

Ambiance très polar noir des années 60 au rendez-vous.

Je ne m’étendrai pas sur la forme car rien de nouveau à l’horizon. Les graphismes sont d’égale qualité avec le jeu, les musiques plutôt inspirées grâce à un retour vers une ambiance oppressante et poisseuse de cette ville sous-marine pourtant encore intacte en apparence. Et tout loisir est donné au joueur de se replonger dans cette ambiance en début de jeu avec une grosse phase contemplative dans laquelle le Booker de ce monde est mandaté par Elisabeth pour retrouver Sally, une petite sœur qu’il croyait morte. Pourquoi ? Comment ? Tout le reste est gardé mystérieusement secret par la jeune femme. Sauf qu’être dirigé par une Elisabeth qui refuse d’en dire plus pour le moment est assez réducteur pour le héros qui se retrouve, tel un pantin, à suivre les directives sans comprendre grand chose à ce qu’il fait.

La vue de Rapture est un amour passé qu'on prend tellement plaisir à retrouver <3

La vue de Rapture est un amour passé qu’on prend tellement plaisir à retrouver ❤

Et après le plaisir de retrouver notre amour passé de cette ville envoûtante, les travers de Bioshock Infinite repointent le bout de leur nez. Les scènes d’action sont banales, l’avancée sans enjeux, et l’enfilade de couloirs devient vite monotone. Ce n’est qu’après 3 à 4h de jeu que les révélations tentent de nous titiller enfin la curiosité. Mais coupé court par une fin en cliffhanger, les révélations ne sont nullement justifiées par quoi que ce soit, et on ne peut qu’être assez dubitatif devant un générique clôturant une première partie au fond superficiel et même carrément mesquin. Pas de quoi redorer la licence à mon goût, donc.

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Seconde partie.

L'éducation des petites soeurs est un véritable lavage de cerveaux.

L’éducation des petites soeurs est un véritable lavage de cerveaux.

Et là, tout s’enchaîne ! Désormais dans la peau d’Elisabeth, une qualité de jeu trop souvent espérée est enfin au rendez-vous ! Mais vraiment au rendez-vous ! Le gameplay s’oriente vers l’infiltration obligeant un bien plus gros investissement du joueur dans l’avancée prudente et l’exploration minutieuse de Rapture. Cumulé à un level design bien construit, les phases de « combat » deviennent passionnantes et rythment parfaitement l’aventure, empêchant tout temps mort et éventuel ennui. L’arbalète comme nouvelle arme fait également des merveilles en terme de plaisir avec des carreaux anesthésiants, sonores ou de fumée pour varier les approches.

Le plasmide "petit curieux" qui permet de voir à travers les murs est découvert avec beaucoup d'humour dans un sex shop !

Le plasmide « petit curieux » qui permet de voir à travers les murs est découvert avec beaucoup d’humour dans un sex shop !

Et surtout le scénario n’arrête pas de surprendre ! Distillé au fur et à mesure des 5h nécessaires à faire le DLC, les informations ne cessent de remettre en question notre vision des choses, et surtout nourrit abondamment l’esprit. On passe son temps à grappiller des notes, des voxophones et à parler avec les différents protagonistes pour comprendre les ramifications bien trouvées qui prouvent à quel point ce DLC n’est pas qu’un simple fan service. Ce contenu est tout aussi important en terme de contenu et d’histoire que tous les autres opus. On passe donc son temps à s’émerveiller en apprenant encore des choses sur une Rapture que l’on croyait totalement cerner. Le tombeau sou-marin se permet même le luxe de justifier totalement le jeu Bioshock Infinite lui-même, à rendre crédible les passages qui nous paraissaient saugrenus, et à valider le scénario tortueux du jeu principal comme un ensemble réfléchi, une trilogie cohérente. Enfin, trilogie est un grand mot, puisque les rattachements directs avec Bioshock 2 seront quasi inexistants (reflet évident que le studio n’est le papa que du premier opus), mais comme le 2ème volet se greffe parfaitement au 1er, l’ensemble fonctionne. Burial at Sea est donc un magnifique point final à une trilogie mémorable. La boucle est bouclée, je suis réconcilié avec la licence et en garderait un bon souvenir.

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La galerie de personnages bien tordus de Rapture est toujours aussi efficace.

La galerie de personnages bien tordus de Rapture est toujours aussi efficace.

La loi du pognon.
Mais du coup, quel est ce titillement au fond de moi qui semble refuser la simple satisfaction de l’entité Bioshock ? Eh bien, c’est la triste constatation qu’au lieu d’avoir un troisième épisode très moyen rattrapé de justesse par son DLC, on aurait pu avoir une trilogie flamboyante sur toute la longueur ! Du moins, si le monde du jeu vidéo n’était pas de nos jours à ce point dirigé par l’attrait de l’argent généré par les DLC. Car quand on y réfléchit, la première partie du DLC est très largement oubliable et ne sert qu’à se replonger dans Rapture et à justifier une motivation pour Elisabeth. Des faits qui auraient très bien pu être résumé en une intro d’une heure. Burial at Sea aurait donc pu n’être qu’un seul DLC de 6h à 15€, on y aurait gagné en intérêt et en argent pour le joueur. Et en allant plus loin, on peut même remarquer qu’une grande partie de ce qui manque dans Bioshock Infinite se trouve dans la seconde partie du DLC, alors pourquoi ne pas avoir intégré tout ça dans le jeu en lui-même ?

La relation entre les Big Daddy et les petites soeurs est au coeur d'un passage clé du jeu, entre explications et émotion.

La relation entre les Big Daddy et les petites soeurs est au coeur d’un passage clé du jeu, entre explications et émotion.

Imaginez l’aventure principale dans la ville flottante de Columbia raccourcie, en remplaçant tous les passages longs et chiants par le contenu fourni du DLC. Une aventure principale qui crée sur toute la longueur le lien génial entre Columbia et Rapture. Evidemment, toute la structure de l’histoire serait à revoir, mais je me dis que ça aurait pu permettre une telle montée en puissance scénaristique, un enchaînement de révélations qui aurait sublimé la fade Columbia et nourrit efficacement tous les aspects un peu tirés par les cheveux des dimensions quantiques. Ce mix aurait peut-être été un coup de Maître, une apothéose qui aurait porté la licence Bioshock encore un cran au-dessus. Dommage, mais de toute façon, au final, cet amalgame entre le jeu et le DLC, on le fait dans nos esprits car ce n’est qu’ensemble que Bioshock Infinite peut laisser un réel sourire de satisfaction sur nos visages de gamers. Rapture, Columbia, Booker, Elisabeth, Ryan, Atlas, Big Daddy, les petites sœurs… tout est lié, tout n’est qu’un. Et c’est vraiment un univers à découvrir.

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Classé dans Article par Edward, Jeu Vidéo

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